Le barrage de Taksebt qui alimente la population de la majorité des localités de la wilaya de Tizi-Ouzou et une partie de celle des wilayas de Boumerdès et d'Alger est à son plus bas niveau de remplissage, depuis sa mise en service, il y a 13 ans, en 2007.La faiblesse de la pluviométrie est à l'origine de la baisse vertigineuse du volume d'eau emmagasiné dans le bassin de cet ouvrage constatée depuis les six à sept derniers mois. De 65%, au mois de mars dernier, le niveau de l'eau passera à 35% au mois d'août 2020, pour se situer entre 18 et 16% à la mi-novembre. Il ne resterait qu'un peu plus de 34 millions de m3 d'eau dont 20 millions de m3 seulement sont mobilisables, alors que la capacité de remplissage maximale de l'infrastructure est estimée à 180 millions de m3, selon les indications des responsables locaux de l'ADE et de l'ANBT.
La situation ne semble pas inquiéter outre mesure, le Dr Malek Abdeslam, spécialiste en hydrogéologie et directeur du laboratoire de l'eau à l'Université de Tizi-Ouzou.
Intervenant, dernièrement, dans un reportage de Berbère Télévision, ce spécialiste s'est voulu rassurant, comptant sur un retour imminent d'une pluviométrie favorable durant les quatre prochains mois. Ce qui, selon lui, ramènera le taux de remplissage du barrage à un niveau acceptable.
«Pour le moment, la situation n'est pas grave, le stock d'eau disponible peut suffire pour l'alimentation durant deux mois de toute la zone de la wilaya de Tizi-Ouzou desservie par les transferts d'eau du barrage et même une partie des wilayas d'Alger et de Boumerdès. Je suis sûr que les quatre prochains mois seront pluvieux», rassure le Dr Abdeslam qui fonde son espoir sur le retour d'une pluviométrie favorable sur les prévisions de l'Organisation mondiale de la météorologie (OMM) dont les spécialistes tablent sur un événement climatique qui se produit dans l'océan atlantique en cette période de l'année.
C'est le phénomène El Nina dont les perturbations favorisent la création de courants marins qui se déplacent vers l'Est apportant la pluie jusque dans notre pays. « 400 mm de pluie suffiront pour le remplissage du barrage », rassure le directeur du laboratoire de l'eau de l'UMMTO qui nuance son propos en affirmant que « le risque d'une faible pluviométrie annuelle n'est, cependant, pas à écarter».
Avec la baisse du niveau de l'eau se pose, de nouveau, la question des atteintes à l'environnement du barrage. Des déchets en tout genre sont déposés sur les pourtours et même à l'intérieur du bassin. Une opération de nettoyage de l'ouvrage a été organisée, au début du mois d'octobre dernier, à l'initiative d'une association écologique.
Profitant de la baisse de son niveau de remplissage, celle-ci a initié une action de volontariat à laquelle ont participé des directions de wilaya, ainsi que les communes situées à proximité du bassin versant de l'infrastructure hydraulique. De son côté, le Dr Malek Abdeslam a lancé un appel aux gestionnaires et aux autorités concernées par la gestion du barrage afin de procéder à l'enlèvement de tous les détritus abandonnés lors de son remplissage en 2001.
De nombreux poteaux électriques sont encore plantés en de nombreux endroits de l'emprise du barrage. « Ce qui constitue un danger potentiel pour la navigation sur le plan d'eau », alerte l'universitaire.
S. A. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A M
Source : www.lesoirdalgerie.com