Tizi-Ouzou - A la une

Pas de crédit sans confiance et solvabilité



Pas de crédit sans confiance et solvabilité
Le crédit chez les commerçants en général, et les épiciers en particulier, a reçu un sacré coup avec la crise socioéconomique que l'Algérie a subie dès le début des années quatre-vingt-dix. Après la dégradation de la situation socioéconomique des ménages, les clients avaient du mal à rembourser les achats effectués durant le mois, comme ils avaient l'habitude de le faire auparavant. Dans la wilaya deTizi Ouzou, les épiciers des villages ont appris à adapter leur attitude à lanouvelle situation. Bien sûr, avant que la situation ne se stabilise, beaucoupd'épiceries ont disparu en raison de la dégradation du pouvoir d'achat des ménages et du cumul des créances impayées. Entre-temps, les «survivants» de la misère populaire des annéesquatre-vingt-dix ont appris à filtrer les clients éligibles au crédit. Mais la vievillageoise étant quasiment familiale, les commerçants tenteront d'éviter de vexer les membres des familles démunies, en affichant des pancartes proclamant la mort du crédit, censée être applicable à tout le monde. Mais l'application ne sera pas généralisée par les commerçants quichoisiront les éventuels bénéficiaires de cette pratique au cas par cas. Sur la base de deux critères, selon plusieurscommerçants interrogés qui avancent la confiance et la solvabilité du chef de famille comme conditions essentielles. «Je suis sincèrement solidaire avec les familles nécessiteuses de mon village, mais je ne peux tout leur offrir, sinon je vais baisser rideau très vite», affirme un commerçant d'un village de la commune d'Irdjen qui reconnaît qu'il choisit les clients à qui accorder un crédit selon leur solvabilité.«S'il y a un risque que le client ne paie pas ses dettes, je préfère le perdre comme client que lui accorder un crédit et risquer de perdre de l'argent», avoue noter interlocuteur avec une certaine gêne mais avec aussi beaucoup de détermination. «Moi aussi, j'ai des enfants à nourrir et s'ils me ferment mon magasin, c'est le pain de mes enfants qu'ils fermeront», argumente-t-il. Beaucoup d'épiciers agissent de la sorte dans les villages de la wilaya deTizi Ouzou, où il s'agit de maintenir de l'activité même s'il faut «piétiner» pour cela le principe de la solidarité.Au côté de la solvabilité, il y a aussi le critère de confiance qui prime chez les épiciers des villages qui ferment les yeux sur la question du crédit s'ils font confiance aux demandeurs. «Il suffit qu'on colle une réputation à quelqu'un et il ne trouvera aucun commerçant qui lui fera crédit», affirme pour sa part un jeune commerçant d'un village de la commune de Tizi Ouzou. Il y a effectivementcertains comportements nés des suites de la crise socioéconomique des années quatre-vingt-dix qui ont indisposé des centaines, voire des milliers, de commerçants qui ont cumulé des créances auprès de gens qui savaient qu'ils ne pouvaient pas rembourser. Par la force des choses, des citoyens paisibles sont devenus des «escrocs» que les commerçants et même les villageois évitent comme la peste.Une confiance perdue qui ne risque pas de réapparaître aux yeux de cesépiciers des villages qui ont longtemps enduré cette problématique des créances impayées. Cela dit, tous les commerçants interrogés par la Tribune disent maintenir une certaine solidarité avec leurs voisins et villageois réellement nécessiteux. À la limite de leurs moyens, disent-ils.M. B.


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