
Y a-t-il crise au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ' Question lancinante à plus d'un titre eu égard à ce qui fait l'actualité au sein du parti depuis quelques semaines : la série de démissions de militants issus de son bastion, la section de Tizi-Ouzou.La structure du parti légué par Saïd Sadi en tant que telle demeure, mais il faut reconnaître que le parti d'opposition qui pouvait se prévaloir d'un poids certain dans ce qui faisait la vie politique a quelque peu perdu de cette aura qui en faisait, jusqu'à récemment encore, un des refuges privilégiés des militants aux valeurs politiques intangibles depuis l'avènement du multipartisme, jusqu'à donner le peu de crédit dont pouvait se prévaloir le mouvement transpartisan, dont il était une des locomotives, né avant l'élection présidentielle de 2014 pour faire barrage au 4e mandat de Bouteflika.Les rapprochements avec des courants idéologiques honnis, ceux-là mêmes qui promettaient au RCD sa mort, ont provoqué dans les rangs des militants d'en bas des rictus, pour le moins que l'on puisse dire, qui, en fin de compte, ont été gérés de façon plutôt heureuse par Mohcine Belabbas et son équipe. Mais la fracture était là , et à ces rapprochements «contre-nature» très mal vus allait se greffer une conjoncture dont le haut fait allait avoir de fâcheuses conséquences dans les rangs des militants.En effet, le retrait avec fracas de l'une des figures du parti, Nordine Aït Hamouda pour ne pas le nommer, allait révéler au grand jour plus qu'une simple tranche de vie difficile du parti qui, pourtant, s'est toujours enorgueilli de la stature du personnage avant de le vouer aux gémonies, provoquant un malaise au sein de la base militante, désormais ballottée entre les deux camps, comme le relevait plus d'un lorsqu'il s'est agi d'expliquer la timide performance du RCD lors des législatives dans son bastion. Elections législatives qui, justement, ont révélé de façon plus éclatante cette espèce de crise de confiance ayant happé les rangs des militants du parti qui ont brillé par leur démobilisation lors de la campagne pour se matérialiser ensuite par les chiffres ayant sanctionné sa participation à la course aux sièges de l'APN.Depuis, et bien qu'il feigne ne pas trop en faire cas, l'état-major du RCD essuie des coups sous la forme la plus pénible pour un parti politique : les démissions. Des retraits assortis de déclarations publiques à travers lesquelles sont alignés des griefs qui ne contribuent vraiment pas à la réhabilitation de l'image du RCD qui, lui, préfère fermer les yeux et, au contraire, faire état de flux de nouveaux militants ayant rejoint ses rangs depuis ces fameuses législatives. Une façon comme une autre de rassurer les fidèles dans la perspective des prochaines échéances : les élections locales prévues à la fin de cette année. Une période trouble qui, peut-être pour le parti, ne dit pas son nom, mais dont les résultats des législatives sont largement illustratifs. Et ce n'est sans doute pas le report du congrès ordinaire pour la fin de l'année qui aidera les militants à voir plus clair dans la situation que traverse le RCD.A. M.Le groupe parlementaire des indépendants se paye le RCDElle peut être qualifiée de tout ce qu'on veut sauf de banale, la déclaration du groupe des parlementaires indépendants adressée, hier, au groupe RCD. Ce dernier fait subir d'incessantes pressions sur les élus sans étiquette partisane depuis leur installation afin de les rallier, est-il révélé dans la missive, dans le but de les rallier «àune manœuvre médiatique camouflée en commission d'enquête sur la gestion de la résidence d'Etat Club-des-Pins». Une initiative qui a mis dans tous leurs états les députés indépendants pour qui la décence aurait voulu que le RCD fasse état de «toutes les largesses et privilèges dont ont bénéficié ses cadres et des membres de sa direction à titre gracieux jusqu'en juin 2003, bien après les événements tragiques du Printemps noir de 2001, en leur qualité de résidents au Club-des-Pins». Ceci sans parler des traitements de faveur dont a bénéficié l'ex-président du RCD, lui-même résident à Club-des-Pins, ajoutent les indépendants avant de demander «publiquement» à leurs collègues élus du RCD de cesser tout contact «malsain et manœuvre». Puis, aux députés non partisans de révéler qu'une commission d'enquête lèvera le voile sur bien des impostures qui, comme dit l'adage populaire, mangeaient avec le loup tout en criant avec le berger.Les indépendants informent également qu'ils ont, désormais, décidé que tout contact politique avec leur groupe devra passer préalablement par l'élu de la liste indépendante Nordine Aït-Hamouda qu'ils ont délégué dorénavant avec toutes les prérogatives y afférentes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B S
Source : www.lesoirdalgerie.com