
Bakhi et Messaouda Amiri sont deux s?urs âgées respectivement de 82 et 78 ans, originaires du village d'Ath Yakhlef, dans la commune de M'Chedallah. Les yeux ouverts, mais elles ne voient rien. Elles sont atteintes de cécité depuis leur naissance. Les deux s?urs vivent dans une seule pièce exiguë entourée de quelques voisins sur une colline à Ath Yakhlef.Cependant, malgré leur handicap, elles n'ont jamais baissé les bras. Elles cuisinent, elles font le ménage, elles font l'élevage de quelques poules? toutes seules. Tout est propre et à sa place dans leur modeste demeure. Messaouda est poétesse, souriante et aime parler. Elle ne rate aucune occasion pour se rapprocher des gens avec ses gestes doucereux. Bakhi quant à elle, est peu loquace, à peine quelques mots prononcés mais pleins de sagesse.La poétesse aime réciter des vers en souvenirs de la guerre de Libération et d'autres pour évoquer les vicissitudes de la vie. Les deux visages parsemés de rides sont témoins des atrocités de la misère qui leur collait à la peau. Durant leur jeunesse, les deux s?urs inséparables ont subi une intervention chirurgicale à Tizi-ouzou. Elles sont restées 7 mois à l'hôpital. Malheureusement sans résultat. Des décennies plus tard, on leur propose encore de subir une autre intervention chirurgicale.Elles refusent catégoriquement. «Nous avions passé toute notre vie dans le noir, à quoi sert de voir maintenant '», rétorque Bakhi. Messaouda évoque avec amertume les souvenirs de la misère. D'un père qui a passé «injustement» 16 ans de prison après l'indépendance. Abandonnées à leur sort, les deux s?urs n'avaient que leur mère à veiller sur elles, et ce, jusqu'à son décès. «À sa sortie de prison, mon père est devenu fou. Nous sommes passés d'une a à une autre. La vie était très dure avec nous.On l'a partagé entre handicap et souffrances», dit Messaouda, retenant difficilement ses larmes. Heureusement, les âmes charitables ne les ont pas abandonnées, ainsi que leur autre s?ur. A l'instar aussi de l'association de bienfaisance et d'aide aux orphelins et aux veuves, Kafil El Yatim, qui leur vient toujours en aide. Dans son projet à lancer avec l'aide d'entrepreneurs, figure la construction d'un logement décent aux deux s?urs inséparables.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Omar Arbane
Source : www.elwatan.com