Tizi-Ouzou - A la une

Ould Abbes ne lâche pas Ouyahia



"Le Premier ministre est responsable de ses déclarations, mais moi, en tant que FLN, je traite avec eux comme avec tous les Français : moi avec mon drapeau et eux avec leur drapeau", s'est démarqué le SG du FLN.La déclaration du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, au sujet des pieds-noirs n'a pas tardé à faire réagir le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbes, dont les propos sur la question révélaient une divergence profonde avec Ouyahia sur la nature de la relation que les opérateurs algériens doivent entretenir avec cette communauté.
Interrogé au cours d'une conférence de presse qu'il animée, hier, à Tizi Ouzou où il venait de rencontrer les cadres du FLN, des quatre wilayas de Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira et Boumerdès, Djamel Ould Abbes s'est refusé de considérer les pieds-noirs comme des anciens d'Algérie. "Je n'ai aucun problème avec Ahmed Ouyahia en tant que Premier ministre. J'ai vu la vidéo de sa déclaration et il a dit qu'il était ambassadeur en Afrique et qu'il a vu que les Français ont des plateformes dans les pays africains et parmi eux ceux qui s'appellent les pieds- noirs. Sur ceux-là, je dois m'expliquer : le 5 juillet 1962, ils ont quitté l'Algérie et ils sont devenus des Français et ils étaient un million, nous, on est restés ici en Algérie. Si on doit traiter avec eux aujourd'hui, on ne doit pas traiter avec eux comme d'anciens Algériens, mais comme des Français", a répondu Djamel Ould Abbes, estimant que les pieds-noirs "ont choisi la France et ils sont donc des Français". Il a, en outre, souligné que "le Premier ministre est responsable de ses déclarations, mais moi, en tant que FLN, je traite avec eux comme tous les Français : moi avec mon drapeau et eux avec leur drapeau". Ces propos du SG du FLN tranchent radicalement avec ceux du Premier ministre qui a qualifié les pieds-noirs d'anciens d'Algérie. "Je sais ce que pèsent nos compatriotes comme capacités d'ouverture de portes en Afrique et ce que pèsent aussi d'anciens d'Algérie, la communauté des pieds-noirs, pour approcher des marchés", avait déclaré Ouyahia qui s'adressait aux opérateurs économiques à l'ouverture de la cérémonie de remise du trophée Export pour l'année 2017. Interrogé également au sujet de la position du FLN à propos des surtaxes contenues dans le projet de LFC 2018, qui a suscité une grosse polémique, Djamel Ould Abbes s'est contenté de répondre que "le dernier mot revient au président Bouteflika". "La LFC est à l'étude au niveau du gouvernement et le dernier mot revient au président de la République. C'est ce dernier qui nomme les chefs de gouvernement, et nous, nous le soutenons. Elaborer la LFC est une prérogative de ce dernier, et nous la respectons, toutefois, nous donnerons notre avis une fois le projet discuté en Conseil des ministres",
a-t-il rétorqué à ce sujet. Il est clair, pas de soutien a priori, encore moins inconditionnel à Ouyahia.
Concernant la question du 5e mandat pour Bouteflika, Djamel Ould Abbes s'est encore contenté de déclarer que "le dernier mot lui revient". "Nous n'avons fait que rapporter le v?u, l'espoir et le souhait des 700 000 militants du FLN qui, en se référant aux réalisations accomplies depuis 1999, appellent Bouteflika à poursuivre sa mission. Sinon, le dernier mot revient au Président, c'est à lui de prendre la décision. Nous, nous sommes des soldats de Bouteflika et nous serons prêts au moment opportun, car notre loyauté et notre fidélité envers lui ne se discutent pas", a précisé Ould Abbes, tout en soutenant, toutefois, que "le futur président de la République sera, en tout cas, du FLN".
Samir LESLOUS
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