Tizi-Ouzou - A la une

"On reste serein"



Les partis et les candidats qui prennent part au scrutin ont achevé leurs opérations de charme, en vue d'attirer le plus grand nombre d'électeurs. Les populations de la wilaya restent sereines scrutant du regard les différentes parties actives dans le camp des «pour» et dans celui des «contre». L'attitude des citoyens semble clairement exprimer la réprobation des appels pour des actions de rue à la veille de cette échéance. L'avis général qui se dégage des discussions penche plutôt vers la volonté de voir la date du 17 avril passer dans le calme, quel que soit le vainqueur qui sortira des urnes. Toutes les personnes interrogées affirmaient, en effet, leur volonté de se départir de ces appels qui se multiplient craignant des débordements provoqués surtout par des parties obscures. «Je pense qu'il est imprudent d'appeler ses militants à venir marcher en ces moments. N'importe quel aventurier peut s'inviter et provoquer des incidents», fait remarquer Ali, enseignant au lycée. «Ils assumeront leurs responsabilités devant l'Histoire. Parce qu'aujourd'hui, on peut tromper des personnes et les pousser vers des actions mais avec le temps elles s'apercevront de la vérité» renchérit son ami. En effet, les gens à Tizi Ouzou sont unanimes à refuser la violence. D'ailleurs, cela s'est vérifié lors de la campagne électorale qui n'a pas enregistré de débordements malgré les appels et les provocations. Aujourd'hui, les citoyens recherchent plutôt la paix et la sécurité. La région sait ce que veut dire la violence et l'insécurité. Après de multiples répressions suite à des mouvements comme en 1963, 1980 et 2001, les citoyens dans leur majorité sont conscients de l'inutilité de la violence. Bien au contraire, ils ont appris que seuls les mouvements pacifiques peuvent aboutir. «J'ai participé à toutes les marches, les mouvements, les manifestations auxquels ont appelé les partis depuis 1980. Aujourd'hui, je peux vous assurer que la population ne suivra jamais les appels de certains aventuriers. Tizi Ouzou n'est plus prête à sacrifier ses enfants. Tizi Ouzou recherche la paix et la sécurité», fulmine, Ahmed, commerçant dans la ville des Genêts. A travers les communes, la campagne électorale s'est déroulée dans une ambiance très festive. «Moi je ne vote pas. Je m'en fous de celui qui va gagner. D'ailleurs, je ne répondrai à aucun appel. Je ne vote plus, je ne marche plus, je ne manifeste plus. Celui qui veut aller manifester, qu'il emmène ses enfants et ses filles», répond Samir, jeune universitaire, encore au chômage à Boudjima. D'ailleurs, lors de la campagne les gens guettaient les points relatifs au développement local dans les discours des candidats. Le discours des années 1980 ne rapporte plus aujourd'hui. Les populations ont compris avant beaucoup d'acteurs politiques qui restent encore, en retard de quelques décennies». «Certains politiciens dorment encore alors que la société avance. Il faut qu'ils se réveillent car les jeunes d'aujourd'hui ne réagissent plus aux mêmes discours», fait remarquer Karim, lycéen qui écoute la musique sur son Iphone.


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