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« On n'apprécie plus les chansons à texte »



« On n'apprécie plus les chansons à texte »
Après son tour de chant, en seconde partie du gala de Nouara, Belaïd Tagrawla s'est livré, comme à ses habitudes, au jeu de questions-réponses.Vous avez entamé votre prestation en rendant hommage à Matoub et Fatma N'soumeur. Qu'avez-vous ressenti après la standing-ovation 'Il est de mon devoir de rendre hommage à ces deux grandes figures qui ont marqué notre histoire et notre culture. A travers les deux chansons, j'ai rendu aussi un hommage à un ami très cher, Rachid Meziane, que nous venons de perdre. C'est lui qui avait composé la chanson « Fadhma N'soumeur ».Vous faites des apparitions épisodiques sur scène ; quelles en sont les raisons ' Tous les groupes et chanteurs, comme nous, Ideflawen et Youghourten sont mis en quarantaine. On fait exprès de les oublier car ils sont porteurs de messages. Ils ne font pas dans les louanges mais expriment ce que ressentent les gens. Je pourrais aussi dire que certains d'entre nous ont avancé dans l'âge et ont choisi de s'isoler, d'arrêter. Mis à part la maison et la direction de la culture de Tizi Ouzou qui nous sollicitent comme les semaines culturelles de la wilaya de Tizi Ouzou dans d'autres régions, le reste du temps on est ignoré.C'est un peu de votre faute. Vous ne produisez plus...Possible aussi comme explication. Effectivement, il y a une nouvelle forme musicale. Une musique speed tout comme l'est aussi la restauration qu'est le fast-food. Les gens n'ont pas le temps d'apprécier un bon plat en s'attablant. C'est pareil pour la chanson. Ils n'ont plus le temps d'apprécier le texte. Nous sommes aussi à l'ère des réseaux sociaux et de l'écriture short.En Occident, nombreux sont les chanteurs qui disparaissent longtemps après un gros succès mais ils réapparaissent. Ce n'est pas le cas chez nous...Ce que vous dites est vrai mais la différence est dans la prise en charge de l'artiste, en général, et du chanteur, en particulier. En Occident, l'artiste dispose d'un imprésario, d'un manager, de tout un staff pour s'occuper de sa promotion. Trouvez-vous normal que chez nous le chanteur écrit, compose, contacte les studios, les journalistes pour lancer un nouveau produit. Il se démène même pour appeler les organismes et institutions culturels. C'est un peu trop pour un artiste. Ce ne sont pas tous ceux qui se sont retirés qui ont rebondi. Ceux qui l'ont fait le doivent surtout à ces imprésarios et managers qui ont cru en leur bonne étoile. Nombreux sont les chanteurs de notre génération qui ont fait leur come-back sur la scène grâce justement à cet encadrement. Chez nous, ce ne sont pas les chanteurs qui remontent sur scène. De jeunes chanteurs reprennent d'anciennes chansons qu'ils réactualisent aux rythmes speed actuels et ça marche. Tant mieux pour le titre qui se retrouve dépoussiéré mais pas pour l'artiste.Un dernier pour conclure... Tout d'abord, ce fut un grand honneur ce soir de succéder sur scène à Nouara, notre diva. Je tiens à remercier le public qui a été tout simplement extraordinaire, exprimant son amour et son attachement à sa culture et à sa langue. Je souhaite voir les organismes culturels ne pas marginaliser les artistes qui constituent encore la mémoire vivante de notre patrimoine culturel.
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