Venus en Algérie afin de superviser le scrutin du 10 mai prochain, les observateurs de l'Union européenne (UE) ont suscité une certaine indignation de la part de certains milieux.
Ils se seraient détournés de leur vocation première, à savoir observer les préparatifs et le déroulement des élections, pour s'intéresser essentiellement aux causes du non-soulèvement des Algériens lors des révolutions arabes, ou même à l'enlèvement de l'entrepreneur de Tizi Ouzou. Ces «dérives» ont déclenché des remarques désobligeantes à leur égard, essentiellement de la part des membres de commissions de surveillance établies à l'intérieur du pays, mais également de la part de certaines formations dites conservatrices, en particulier Abderrahmane Saïdi, un haut responsable du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui les ont accusés d'être «des espions».
Drôles d'accusations, à à peine une semaine de cette échéance qui se veut cruciale pour le pouvoir et ses intérêts économiques, voire stratégiques. Selon certains, «il est inadmissible que des personnes qui ont été désignées pour suivre une élection à laquelle ils ne prennent pas part se permettent de tels écarts. On peut croire qu'ils sont observateurs des élections législatives, mais en fait, ils sont observateurs de la situation globale de l'Algérie, tant sur le plan politique que sur le plan sécuritaire.» Il est à noter que ces réactions émanent de milieux plutôt conservateurs, ce qui laisserait deviner que la présence des observateurs de l'Union européenne n'était pas souhaitée. Pour un membre d'une commission de surveillance d'une wilaya de l'intérieur du pays, «la présence d'observateurs étrangers n'était réellement souhaitée que pour donner une crédibilité aux élections. Nous nous demandons bien à quoi, nous, observateurs nationaux, nous servons quant au déroulement de la préparation et du vote proprement dit.»
José Ignacio, le chef de la mission européenne à Alger, a démenti catégoriquement, mercredi, ces accusations qui n'ont pas lieu d'être, puisqu'il a affirmé ne pas être «un espion. Nous sommes présents dans les 48 wilayas mais nous ne sommes pas acteurs de ce processus électoral. Nous l'observerons jusqu'au bout et nous livrerons, au lendemain du scrutin, notre jugement final. Le rapport de la mission sera présenté aux responsables européens et aux autorités algériennes après les élections. Il sera également remis aux partis politiques et à la société civile». Réponse après le 10 mai.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Noël Boussaha
Source : www.elwatan.com