Tizi-Ouzou - A la une

«Nous voulons notre part de développement dans la sécurité !» DES CITOYENS DE TIZI OUZOU RéAGISSENT à LA NOMINATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT



De notre correspondant à Tizi ouzou
Malik Boumati

Même si de nombreux citoyens de Tizi Ouzou interrogés ont exprimé leur surprise après le choix porté sur Sellal pour diriger le «nouveau» gouvernement, il n'en demeure pas moins qu'ils restent sceptiques quant à la capacité ou même la volonté du nouvel exécutif de répondre aux attentes, grandes et nombreuses, de la population. A Tizi Ouzou, et malgré l'accueil mitigé réservé à la nouvelle composition du gouvernement, les citoyens sollicités n'ont pas manqué d'exprimer leurs attentes, même «sans conviction», qualifiant le changement de gouvernement de «rafistolage» qui a reconduit la majeure partie de ses membres.A travers les déclarations faites à La Tribune, il ressort un v'u d'en finir avec la marginalisation de la wilaya en matière de développement ainsi que l'insécurité qui s'y installe durablement. Les lenteurs dans la réalisation des projets de développement et l'incapacité de l'Etat à mettre fin à l'insécurité, particulièrement au phénomène des kidnappings sont mis en exergue par les citoyens dont certains vont jusqu'à voir un manque de volonté à régler les problèmes avec l'intention de maintenir la tension dans la région. «Nous attendons que tous les projets bloqués soient débloqués. Nous attendons que les blocages que connaissent les nombreux projets de développement de notre wilaya cessent», martèle Ahmed, un jeune fonctionnaire qui s'exprimait avec une certaine hargne qui en dit long sur sa rage de la situation que vit la wilaya de Tizi Ouzou. Pour son ami Ali, «tous les milliards que l'Etat annonce dans la presse sont restés au Trésor public, faute de consommation de budget. Comment voulez-vous qu'il y ait développement à Tizi Ouzou si les responsables, censés dépenser cet argent, ne font pas leur travail», s'interroge-t-il, non sans dénoncer la propension des responsables de l'Etat d'avancer l'argument du manque de foncier pour «justifier leur échec». Les deux disent ne pas vouloir condamner Sellal avant qu'il ne commence sa mission à la tête du gouvernement, mais restent sceptiques quant à sa capacité à résoudre les problèmes «créés et bien défendus par des rapaces puissants qui sévissent à Tizi Ouzou».Dans un café maure, Mourad sirote son café en attendant que le magasin d'à côté rouvre ses portes après la prière du vendredi. Il considère le départ d'Ouyahia comme une bénédiction et dit avoir plutôt une bonne image du «Sympathique» Sellal. Originaire de la localité de Maatkas, il évoque sans hésiter la question sécuritaire qui empoisonne la vie de la population de la région. «Cela fait sept ans que les entrepreneurs et autres commerçants sont kidnappés sans que cela cesse. Sept ans c'est long et je commence sérieusement à douter de la volonté de l'Etat à mettre fin à ce business très lucratif qui fait fuir les potentiels investisseurs de la wilaya». Mohand, le tenancier du café situé sur l'axe du lycée Abane n'a pu s'empêcher d'intervenir pour établir le lien entre l'insécurité subit par les opérateurs économiques et l'absence de développement local dans la wilaya de Tizi Ouzou.Pour lui, la faiblesse des investissements, notamment privés, reçus par la wilaya peuvent s'expliquer aussi par le refus des opérateurs économiques d'investir leur argent dans une région où ils seront ciblés par les groupes spécialisés dans le kidnapping. «Le nouveau gouvernement doit donner à Tizi Ouzou sa part de développement duquel elle a été privée trop longtemps, et mettre fin à cette insécurité qui met la wilaya dans une longue précarité», a affirmé Mohand. «Oui, nous voulons notre part de développement dans la sécurité!» rétorque Mourad qui suivait l'entretien.
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