Yasmine Taleb est une chanteuse de 22 ans, native de Tizi Ouzou. Dans cet entretien, elle revient sur son parcours artistique, dont les débuts ont été riches en expérience, grâce à sa rencontre avec Idir et Djamel Allam. Dernièrement, elle a chanté avec Taous Arhab, Celia Ould Mohand et Noria Aït Ouali un titre ayant enregistré le million de vues sur Youtube.Liberté : Pouvez-vous nous raconter vos débuts dans la chanson et nous donner un petit aperçu sur votre parcours artistique '
Yasmine Taleb : Passionnée de musique, j'ai d'abord intégré la chorale de mon lycée El-Khansa. Aussitôt, la radio de Tizi Ouzou m'a donné la chance de m'exprimer musicalement dans plusieurs émissions pour jeunes talents. Et grâce à ces passages, j'ai pu intégrer la scène artistique en chantant avec le défunt Idir lors de son passage dans la même radio, puis lors de ses deux concerts à la Coupole d'Alger en 2018. J'ai eu aussi l'honneur de partager un duo avec le défunt Djamel Allam, à l'occasion de Yennayer en 2018. Quelques semaines après, j'ai remporté le 3e prix du concours de chant de l'université Mouloud-Mammeri et décroché ma place à la 8e édition du télécrochet "Alhan wa chabab". Entre autres, en collaboration avec le talentueux arrangeur Ismaïl Khaldi, j'ai repris une des chansons du grand Lounis Aït Menguellet Urgigh et une chanson du groupe Urar Lkhalath intitulée Wanesthiyi. Aussi, j'ai repris un titre de notre patrimoine culturel, Goumari. Durant la période de confinement, nous avons décidé, avec le même arrangeur, de rendre hommage à un des piliers de la chanson kabyle, Slimane Azem, en reprenant la chanson Ad zzi sa3a. Tous ces clips sont disponibles sur la chaîne Youtube des éditions Sirocco Records.
Vous avez récemment chanté avec trois autres belles voix de la chanson kabyle, en l'occurrence Taous Arhab, Celia Ould Mohand et Noria Aït Ouali. Le clip a eu un franc succès avec plus d'un million de vues en quelques heures seulement sur YouTube...
J'ai été sollicitée par les éditions Sirocco Records pour participer à ce projet : une chanson qui rappelle les traditions kabyles, Ansayen n Tjadit, écrite par la chanteuse Noria Aït Ouali. Je tiens à rappeler que la culture kabyle a longuement été préservée, en grande partie, par les femmes. Elles ont joué un rôle primordial dans la transmission de notre patrimoine, notamment les chants traditionnels. En tant qu'artistes femmes, nous avons ce devoir de contribuer à la préservation de nos coutumes. Ce projet a été pour moi un clin d'?il à ma culture dont je suis particulièrement fière. Ce fut aussi une expérience très enrichissante, car j'ai moi-même pu apprendre, des expériences de mes proches, énormément de choses sur d'anciennes traditions que je n'avais malheureusement pas pu vivre.
La plupart de vos clips sont disponibles sur la toile. Est-ce devenu une alternative face à la crise sanitaire '
Je pense que tout comme de nombreuses activités, le domaine artistique a été durement affecté par l'arrêt des activités culturelles en ce temps de pandémie. J'ai été plus particulièrement touchée par cette crise, car de nombreux projets ont été reportés à une date ultérieure, alors que d'autres ont été complètement gelés. Mais l'internet nous a permis de solutionner les choses et de trouver une autre alternative pour pouvoir continuer à pratiquer notre art. Nous avons même pu réaliser des projets avec un minimum de moyens, dont la reprise de la chanson Ad zzi Sa3a du grand Slimane Azem, qui a été enregistrée entièrement à distance et le contact avec les musiciens a été uniquement via internet. En ce qui concerne les spectacles, ils ont été remplacés par des lives sur les réseaux sociaux, ce qui permet de rester toujours aussi proche de notre public.
Nous avons l'impression que vous avez un attachement viscéral à votre guitare et à la chanson, plus particulièrement d'expression kabyle, n'est-ce pas '
La musique est pour moi plus qu'une passion. Je ne peux exprimer en mots mon ressenti vis-à-vis de la musique, ni le sentiment qu'elle me procure. Cela peut paraître fou, mais j'ai créé une relation tellement fusionnelle avec ma guitare que je ne peux m'en séparer. Pour moi, le chant ne s'arrête pas au fait d'assembler des notes de façon harmonieuse et de distraire les auditeurs. Cela va au-delà de tout ça, c'est un moyen de s'exprimer. Le chant, c'est aussi avoir la capacité de communiquer une histoire ou une pensée. C'est à mon avis aussi la façon la plus douce de véhiculer une émotion, un sentiment et même un vécu. En ce qui concerne le chant en kabyle, je pense que la réponse est bien évidente, le kabyle est ma langue maternelle, c'est aussi mes racines et mon identité. Je n'exclus pas le fait de chanter dans d'autres langues, mais on est toujours autant fier lorsqu'il s'agit de chanter dans sa langue maternelle
Des projets en cours '
En ce moment, je prépare mon tout premier album qui sera produit par Sirocco Records. Les titres sont composés et arrangés par Ismaïl Khaldi, un artiste qui s'associe à mes attentes et objectifs musicaux. En ce qui concerne les textes de mes chansons, les thèmes sont discutés avec des paroliers tel Hamid Moualhi. La sortie de mon premier single est prévue pour le 19 novembre à 18h sur le web. Pour les musiciens, on a eu l'honneur de travailler avec de jeunes et talentueux artistes, à l'image de Redo Nehar à la basse, Amine Laroug à la guitare électrique, Yacine Haddad à la batterie, Hamza Snasel aux percussions et Nabil Cherifi pour le mix.
Entretien réalisé par : K. Tighilt
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kouceila TIGHILT
Source : www.liberte-algerie.com