La 53e marche du mardi, qui coïncidait, hier, avec la veille de la date anniversaire de la toute première et grandiose démonstration de force des étudiants, a été marquée par une absence remarquable de la communauté universitaire représentée uniquement par une poignée d'étudiants et d'enseignants.En effet, alors que le gros des étudiants passait sans broncher, l'imposante foule de citoyens qui s'est formée devant l'entrée du campus Hasnaoua de l'université Mouloud-Mammeri, à 11h, s'ébranle sous les cris de "Nous sommes venus exiger votre départ", puis "Pour un Etat civil et non militaire". En amorçant le boulevard Abane-Ramdane, la foule devient encore plus imposante puisque, entre-temps, de nombreux citoyens sont venus, comme à chaque fois, grossir ses rangs.
Au milieu de cette marée humaine, une pancarte n'était pas sans attirer l'attention. "Les hommes libres de Tlemcen au c?ur de Tizi Ouzou pour dire au pouvoir dégage", lit-on sur ladite pancarte. Nous approchons alors le groupe et parmi eux figure un activiste arrêté puis récemment relaxé à Tlemcen.
"J'ai choisi de venir participer à la marche aux côtés de nos frères de Tizi Ouzou pour montrer que l'Arabe n'est pas l'ennemi du Kabyle et vice-versa, et que cette différence, longtemps entretenue, est l'?uvre du pouvoir et d'el-îssaba. Aujourd'hui, nous devons tous nous unir car notre véritable ennemi, c'est le pouvoir", nous a-t-il déclaré.
Les manifestants brandissaient également d'autres pancartes sur lesquelles ils appelaient à l'intensification des actions et de la mobilisation "jusqu'à l'éradication totale du virus du système", comme porté sur l'une d'elles, d'autres s'attaquaient aux médias qui font la promotion du pouvoir et d'autres encore réclamaient la libération des détenus politiques dont Karim Tabbou et Fodil Boumala, dont des dizaines de portraits ont été brandis.
Comme à chaque marche qui coïncide avec la date anniversaire de la mort d'un héros, celle d'hier a été l'occasion de rendre hommage à Mouloud Mammeri, ce repère identitaire mort le 26 février 1989 sur la route à Aïn Defla. "Dda l'Mouloud a ouvert la voie, et nous, nous suivrons son chemin", lit-on sur une de ces pancartes.
Samir LESLOUS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir LESLOUS
Source : www.liberte-algerie.com