Tizi-Ouzou - A la une

Neuf milliards de dinars non consommés



Sans citer les présumés responsables du blocage, le wali de Tizi Ouzou a affirmé que "certains gestionnaires sont allés supplier des contrôleurs financiers afin d'entraver des projets pour ne pas être dérangés".C'est avec un ton intransigeant que le wali de Tizi Ouzou, Djilali Doumi, s'est adressé aux différents directeurs de l'exécutif, jeudi, lors d'un conseil de wilaya consacré aux projets à l'arrêt dans cette région qui accusent, depuis des décennies déjà, un énorme retard en matière d'investissements publics. Lors de ce conseil, l'administration de wilaya a fait état, dans les différents programmes sectoriels de développement (PSD), de 837 opérations, pour un montant avoisinant les 265 milliards de dinars, inscrites à l'actif de la wilaya, dont 233 opérations en cours, 305 achevées, 61 non lancées, 69 déclarées à l'arrêt, 86 gelées et 75 non individualisées. Des projets qui, pour certains, traînent depuis 2007.
Ce qui a agacé le wali. S'adressant au directeur des équipements publics, dont la direction compte 61 opérations à l'arrêt, pour un montant de 9 milliards de dinars, M. Doumi a estimé qu'avec ce retard c'est un lourd préjudice qui est porté au développement de la wilaya. "Nous sommes doublement pénalisés, notamment par le fait que nous n'avons pas lancé nos projets et par le fait que nous ne pouvons pas formuler de demande de projets à l'autorité centrale à cause de ce retard. Sans nous en rendre compte, nous sommes en train de porter préjudice au développement de cette wilaya", a-t-il en effet estimé, avant d'appeler les directeurs à changer de position. "Lorsqu'il s'agit d'un équipement destiné à un établissement et que cet établissement présente une difficulté pour le recevoir, rien ne nous empêche de le réorienter vers d'autres structures", a expliqué M. Doumi, pour qui certaines opérations ont trop duré dans le temps. "La dotation annuelle de la wilaya est en stand-by chez la direction des équipements publics", a relevé le wali, ébahi. "On a trop dormi ! Je n'ai pas ramené avec moi ces opérations, mais je demeure comptable du passif et de l'actif. Vous êtes aussi responsables du passif et de l'actif de vos secteurs", a-t-il poursuivi en s'adressant à son exécutif. "Je ne sais pas comment vous appréciez les choses. Nous sommes doublement pénalisés. Pénalisés de n'avoir rien fait et pénalisés d'avoir de l'argent qui ne sert à rien.
L'autorité centrale ne va pas encore injecter de l'argent, sachant qu'il y en a beaucoup qui n'est pas consommé", a ensuite mis en garde M. Doumi. "En ouvrant nos comptes, nous trouvons que nous avons de l'argent et que nous nous obstinons à ne pas l'engager. Je me demande qu'est-ce qu'on cherche", s'est-t-il demandé, non sans souligner encore que la wilaya de Tizi Ouzou est très en retard. "On ne peut pas continuer ainsi. Il faut vous rattraper", a-t-il lancé aux différents directeurs. "Nous sommes loin des orientations des hautes autorités du pays", a-t-il ajouté. Pis encore, M. Doumi a affirmé que certains gestionnaires sont allés supplier des contrôleurs financiers, afin d'entraver des projets pour ne pas être dérangés. "Je le dis car j'ai une idée sur cela. Lorsque l'Etat voulait faire de l'économie, certains responsables mal intentionnés se sont permis de se prononcer sur des gels de projets pour ne pas être dérangés", a-t-il pointé du doigt. Sans en dire plus. "On ne peut pas continuer avec des réflexes pareils", a-t-il conclu.

K. Tighilt
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