Tizi-Ouzou - A la une

Nabila Djahnine, «hirakiste» avant l'heure



«Les femmes ont toujours protesté, que ce soit pendant la guerre ou après, elles ont toujours été là. Et selon les conjonctures, on les a placées à l'avant ou on les a reléguées en arrière».Les mots prononcés par Nabila Djahnine, dans l'une des rares interviews filmées, font écho à ce qui se passe en Algérie aujourd'hui. Nabila Djahnine, présidente de l'association Thighri N'tmetouth, assassinée le 15 février 1995 à Tizi Ouzou, fut d'abord une voix lumineuse et nécessaire.
Vingt-cinq ans après sa mort, un hommage, fort en symboles et en émotions, a été organisé par le mouvement des femmes, samedi 15 février, à la Cinémathèque de Tizi Ouzou, l'occasion d'évoquer celle qui a été de tous les combats ayant pour titre La justice.
«Grâce à Nabila Djahnine, qui pourtant était bien plus jeune, j'ai compris ce que c'est que le combat contre le système. Nabila était une hirakiste avant l'heure», a témoigné Malika Bouhadef, l'une de ses s?urs de lutte.
Membre fondatrice du MCB, architecte, féministe convaincue, syndicaliste, Nabila Djahnine est aussi un symbole de détermination et de courage.
Dans un texte émouvant, Fatima Oussedik, sociologue et membre du réseau Wassyla, la décrit avec les mots suivants : «Elle incarne parfaitement la figure de l'Algérienne formée après l'indépendance et décidée à se battre pour réclamer l'égalité à chaque fois refusée aux femmes en Algérie.
Nabila raconte nos vies. Se souvenir d'elle est aussi rappeler la place de la culture et en particulier le cinéma. Elle a fréquenté le ciné-club de Béjaïa et en a animé un en 1990 à Tizi Ouzou.» Fatma Oussedik rappelle comment Nabila a investi les villages de Tizi Ouzou, «maison par maison», ?uvrant pour l'alphabétisation des femmes.
«Sa lutte, dit-elle, fait écho à celle des institutrices de Sidi Belabbès mortes d'avoir voulu transmettre le savoir et éclairer ainsi des enfants soumis à la folie meurtrière d'adultes.» La sociologue voit en elle «La juste héritière d'une histoire nationale, sociale et familiale» qui nous a légué son cri. «Ce cri de femme, dit-elle, qu'elle n'a pas pu pousser au moment même de son assassinat.»
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