Tizi-Ouzou - A la une

Mustapha Mekideche, vice-président du CNES 'Se situer dans la perspective d'une décentralisation réelle'



Liberté : Après avoir sillonné les différentes régions du pays, quel état des lieux faites-vous de la gouvernance locale '
Mustapha Mekideche : En tous cas, ce qu'on peut dire, c'est que ce n'est pas un problème de ressources financières. À tout moment, donc, les collectivités locales peuvent, d'une façon ou d'une autre, à mon avis, mobiliser les ressources financières. Le problème se pose d'abord en terme de capacité d'absorption, en terme de capacités de réalisation et de management, en terme également de mobilisation de l'élite locale. À mon avis, ça c'est un problème d'une part, et d'autre part, peut-être l'autre aspect, c'est une implication plus forte de la société civile et du mouvement associatif. Il y a des éléments de mise à niveau de ce point de vue là. La partie concernant par exemple les prérogatives réelles de l'Assemblée populaire de wilaya. Peut-être faudrait-il lui donner plus de prérogatives, laissant au wali le pouvoir régalien. Il faudra peut-être impliquer davantage les élus territoriaux pour qu'ils prennent en charge les conditions du développement, parce qu'ils ont d'abord une plus grande motivation, ils ont le mandat des populations locales. Sur cet aspect-là, il y a peut-être des choses à voir avec des prérogatives plus étendues pour le président de l'APC. La clarification de ces éléments peut être un facteur de dynamisation.
Quelles sont les attentes les plus importantes que vous avez relevées '
Il y a des déclinaisons territoriales qui sont particulières. Par exemple, dans le grand Sud, il est évident qu'il y a des particularités. Les services publics de proximité sont inexistants dans certain cas ou de moindre qualité que ce qu'il y a dans le Nord. Il y a donc une demande plus forte, que ce soit pour la santé ou l'éducation, notamment en ce qui concerne l'enseignement efficace des langues étrangères. Sur le plan de la santé, les capacités d'interventions chirurgicales gagneraient à être décentralisées vu les distances. Egalement, il y a des spécificités au niveau géographique. Les problèmes dans les wilayas montagneuses, comme Tizi Ouzou, posent la problématique de la disponibilité du foncier qui y est plus aiguë. C'est une problématique lourde et récurrente qu'il faudra traiter. Il y a peut-être à avoir des gouvernances de plus en plus déclinées prises en charge territorialement. Ça c'est un aspect qui n'est pas encore mis en 'uvre.
Les recommandations préconisent une redistribution des prérogatives, n'y a-t-il pas là une opportunité de revoir les codes communal et de wilaya '
Tout à fait. Il n'y a pas de tabou. Si le code communal tel qu'il est sous sa dernière version présente des insuffisances, il sera éligible à l'amélioration. Que ce soit ce code ou celui de wilaya qui n'est pas encore sorti. Le tout c'est de se situer dans une mise en perspective d'une décentralisation réelle, de l'émergence d'une élite locale, d'un développement local et également de prise en charge par les institutions locales d'un certain nombre de prérogatives qui doivent être les siennes.
L'Etat, jusqu'à présent, a été l'acteur essentiel. Il faut que d'autres acteurs par le bas puissent également prendre leur part de prérogatives mais également de fardeaux.
Tout ce processus débouchera sur des recommandations que les réformes devront intégrées.
Ça a été confirmé dans le discours du président de la République qui a été lu. L'ensemble des recommandations seront intégrées dans le package des réformes. C'est-à-dire que la réforme au plan du développement local est partie prenante des réformes. Parce qu'un développement, pour qu'il soit harmonieux, il ne suffit pas juste d'avoir de grands projets, il faut que sur le plan du développement territorial il ait également des effets sur les populations. Et ça, cet exercice devrait le prendre en charge.
S. S.
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