Onzième dimanche de mobilisation à Paris et dans de nombreuses villes d'Europe et d'Amérique. La diaspora algérienne est sortie en masse, malgré le mauvais temps, pour demander le départ de tous les visages du système sans exception.Dimanche à la place de la République, les manifestants se sont réjouis de voir Said Bouteflika et les généraux Toufik Médiène et Bachir Tartag derrière les barreaux.
Mais ils ont demandé aussi le départ de Gaid Salah, du gouvernement Bedoui ainsi que du président par intérim Abdelkader Bensalah.
Muni d'une pancarte sur lequel est écrit « dégagez tous », Nabil, un étudiant algérien, revendique un « nettoyage » total de la classe politique « corrompue et qui a sucé le sang des algériens depuis l'indépendance » selon lui.
« En vérité, ces arrestations, bien qu'elles soient positives, ne règleront pas le problème central qui est l'arrivée d'une nouvelle Algérie démocratique et libre » a-t-il expliqué pour El Watan. « Certes, Le peuple suit de près ce qui se passe mais refuse de se satisfaire uniquement de ces têtes qui tombent. Ce qu'il veut, c'est qu'ils partent tous et qu'une nouvelle classe politique cultivée et démocrate arrive au pouvoir, organise de vraies élections présidentielles et législatives et s'attèle ensuite au redémarrage de l'économie nationale. Ce que fait Gaid Salah n'est que replâtrage et poudre aux yeux ».
« Vous ne pourrez pas nous diviser »
Les manifestants ont cette fois- ci concentré leurs critiques sur Gaid Salah et Bédoui. Tous les deux doivent partir, ont ?ils crié à gorges déployées. « Vous devez partir. Vous ne pourrez pas nous diviser. Notre force est dans notre unité », ont ?il clamé.
Lors d'une prise de parole, un autre manifestant a commenté l'actualité des derniers jours, notamment les interventions du vice-ministre de la défense. « Le chef de l''état major a adressé deux discours. Il nous demande d'aller voter le 4 juillet prochain et de discuter. Mais nous on lui dit, avec qui discuter. Avec des voleurs. Des corrompus. Le peuple refuse le dialogue avec tous les résidus du système ».
Les manifestants ont également demandé à l'institution judiciaire de dire au peuple « ce qu'elle fait exactement». « Le peuple est souverain. La justice doit donc nous dire ce qu'elle fait. Nous refusons de jeter en pâture telle ou telle personne. Nous demandons des images, de voir si ceux qui ont été arrêtés, l'ont été vraiment ». Et de s'interroger : « Qui peut nous assurer que Ali Haddad est à la prison d'El Harrach. On n'a rien vu. Peut-être qu'il est au Club des pins ou en Espagne, dans ses hôtels ».
« L'histoire a réservé une mauvaise place pour Gaid Salah »
Un jeune venu de Tizi-Ouzou a pris le micro pour rendre hommage aux martyrs de la guerre de libération, avant de se lancer dans un discours fleuve : « Je m'en fiche des langues, des orientations religieuses ou sexuelles des Algériens. La seule chose qui nous unit, c'est notre algérianité. Ils ont volé vingt ans de ma vie. Dix ans de terrorisme et dix ans de Bouteflika. Le temps est venu pour qu'ils dégagent tous ».
Un autre s'adressant directement à Gaid Salah lui dit : « Pas d'élections avec la bande de voleurs. Tu ne peux plus guider le peuple comme tu veux. Ce n'est pas le moment de changer un pion avec un autre. Vous devez tous partir. L'histoire est en train de s'écrire en te réservant une mauvaise place ».
Une jeune fille très applaudie par la foule a pris tout le monde à contrepieds. Elle a dénoncé le comportement de certains commerçants qui profitent du mois de Ramadan pour augmenter les prix de fruits et légumes. « La corruption ne touche pas uniquement les hommes politiques et le système. Elle touche aussi le peuple. La preuve, Regardez comment les prix ont commencé à flamber. Avant de critiquer les autres, il faut se critique soi -même d'abord ». Applaudissements nourris?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Farah
Source : www.elwatan.com