Tizi-Ouzou - A la une

Midi devant sa porte



Midi devant sa porte
Les lendemains de présidentielle sont différemment vécus. Selon le campd'appartenance de chacun, le réveil se fait avec une tête groggy encore pleine des embruns de la veille ou dans une atmosphère joyeuse des conquérants qui exultent. Les plus sages se contentent d'avoir le triomphe modeste et, pour ceux que le sort a invités à repasser une autre fois, de peaufiner les stratégies pour l'avenir. Entre ces deux catégories de «marathoniens», l'habitude étant une seconde nature, se glissent ceux qui, invariablement, ne peuvent avoir d'autre position que celle dite de «voir midi devant sa porte». Plus trivialement, cela reviendrait à dire que leurs réactions, positions et prises de position, appréciations et propositions...sont d'abord dictées par leur seul intérêt personnel : «Qu'est-ce que je gagne et qu'est-ce que je ne dois pas perdre.»Peut-être que trois semaines d'une campagne électorale pour une fois passionnée et dure ont-elles laissé sur leur faim toute une faune de politicards. Il se pourrait bien qu'ils aient pris goût à des joutesoratoires pour une fois en rupture avec l'ordinaire ronronnant. S'ils veulent du rabiot, ce ne serait pas une mauvaise chose de leur en servir. Mais cette fois dans des petites cuillères tirées de l'argenterie précieuse du raffinement et du savoir-vivre.La République devrait se dispenser de l'appel à passer à la mangeoire.Une auberge espagnole où chacun apportera son casse-croûte fera largement l'affaire, étant entendu qu'une saine pitance est préférable aux festins de viande mal faisandée.En avant toute pour le débat tous azimuts ! Et qu'on ne vienne pas le fagoter, comme on le faisait du temps du parti unique, dans l'habit étouffant de la responsabilité. Vous vous rappelez, la «démocratie responsable» ' Honnêtement, qui pourrait accuser M. Ban Ki-moon, par ces temps de «main étrangère» menaçante, d'ingérence dans les affaires intérieures de l'Algérie et encore moins de tisonner pour la déstabiliser ' Pourtant, le Secrétaire général de l'ONU ne s'est pas trompé de destinataire dans son «Appel à l'Algérie» lancé à travers un communiqué de l'organisation internationale jeudi 24 avril. Son contenu est clair : reflétant une inquiétude après les troubles survenus à Tizi Ouzou et la violence de la répression policière qui s'en est suivie, M. Ban Ki-moon «encourage le gouvernement d'Algérie et tous les partis politiques dans le pays à travailler ensemble d'une manière inclusive et pacifique pour maintenir la stabilité et renforcer le processus démocratique en Algérie». L'engagement du Secrétaire général de l'ONU tel qu'il est exprimé dans le communiqué lève les derniers doutes qui subsisteraient : «(...) soutenir les efforts de l'Algérie en faveur de réformes démocratiques et d'un développement socioéconomique durable.»Les deux points forts du message sont donc : une stabilité en besoin de consolidation et des réformes démocratiques, c'est-à-dire politiques, à mener».Une question se pose après cet avis neutre d'une organisation de paix : de quel droit quiconque parlant au nom de la «majorité présidentielle» viendrait-il fermer le jeu au motif que «le peuple s'est exprimé le 17 avril» ' Elémentaire, au nom de «midi devant sa porte», bien sûr, alors même que le débat, inévitable, sur la gestion de l'après-présidentielle commence à peine à s'installer dans le paysage politique, il faut être atteint de myopie politique pour, d'avance, décréter qu'il n'y aura ni transition politique ni élections législatives anticipées.Un Remake de l'avant-présidentielle marquée par un porte-parolat démultiplié du président de la République ne ferait qu'installer davantage de confusion sur les intentions du chef de l'Etat à l'entame de son quatrième mandat. Il appartient en urgence à l'institution présidentielle de recentrer sa communication et de ne pas l'éparpiller entre des soutiens qui, à l'occasion, se tirent allègrement dans les pattes. En face, une partie importante de l'opposition est à l'?uvre pour affiner son projet de transition avec le pouvoir et non contre lui. La stabilité, thème cher au président Bouteflika, du pays commanderait qu'elle soit écoutée. Sérieusement écoutée.A. S.


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