Tizi-Ouzou - A la une

Meetings annulés, affichage arraché et indifférence populaire



Meetings annulés, affichage arraché et indifférence populaire
Les deux semaines de campagne électorale qui viennent d'être consommées, donnent déjà, dans la wilaya de Tizi Ouzou, un aperçu assez clair de ce que pourra être l'élection législative du 10 mai prochain.
La plupart des candidats ne peinent pas seulement à convaincre mais d'abord à trouver des oreilles prêtes à les écouter, comme le démontre chaque jour la réalité du terrain. Il est vrai que Tizi Ouzou est connue déjà pour compter parmi les wilayas qui enregistrent, à chaque échéance électorale, les taux de participation les plus faibles au niveau national, mais cette fois tous les pronostics donnent la situation plus grave.
Autrefois lieu de débat politique par excellence, la région n'offre, depuis le début de cette campagne, que l'image d'une scène politique en jachère, désertée par le débat contradictoire autour d'idées et de convictions, laissant ainsi place à une indifférence quasi généralisée. En ce sens, les sorties des formations politiques qui, traditionnellement, se considéraient jusque-là à fort ancrage dans cette région en disent long sur la perception de cette élection par le citoyen de la région. Même lors des meetings de leurs chefs de partis, le RND, le FLN et même le FFS n'ont pas réussi à retrouver les foules d'antan. Les meetings d'Ahmed Ouyahia et de Belkhadem, pour lesquels il fallait habituellement se lever tôt pour pouvoir se frayer un chemin à l'intérieur de la salle, ont été retardés de plus d'une heure.
Les organisateurs avaient toutes les peines à remplir la salle de 800 places de la maison de la culture Mouloud-Mammeri.
Le FFS dont le secrétaire général a animé son meeting au stade Oukil-Ramdane de la ville n'a pas réussi, lui aussi, à drainer la foule des grands jours comme il y a quelques années. Quant aux meetings des autres partis, connus pour certains comme étant des saisonniers de la politique ou, pour d'autres, tout fraîchement créés, il était même difficile de rassembler une poignée de personnes pour les besoins des caméras de l'ENTV. Il va sans dire que la plupart des meetings, prévus dans les daïras et communes, ont été tout simplement annulés faute d'assistance. Sur les murs ou les panneaux réservés à l'affichage, les portraits des candidats sont arrachés aussitôt collés. Même ceux qui font l'effort de les coller sur les murs les plus élevés n'y échappent pas.
Une telle situation est-elle le fruit des appels au boycott ' 'Ils sont tous pareils !' Cette phrase revient partout et dans toutes les discussions. 'Où étaient-ils lorsque l'administration a mis en place le plan de transport de Tizi Ouzou qui s'apparente à une sanction contre la population ' Où étaient-ils lors des intempéries ' Les a-t-on entendus condamner les attentats et les kidnappings en Kabylie '' s'interroge un membre de comité de village de la région de Mâatkas où un nouveau kidnapping vient d'être enregistré. 'Ils disent tous la même chose ! En campagne, ils nous promettent tous le développement de la wilaya, de relancer l'emploi et l'investissement mais une fois élus, ils s'occupent de leurs affaires personnelles et de leur famille' dira un jeune universitaire au chômage. 'Je ne me souviens pas que les députés ont refusé de voter une quelconque loi qui s'inscrive en porte-à-faux avec les libertés ou les intérêts du peuple', déplore un autre citoyen non sans souligner : 'Je ne vais pas cautionner des affairistes en quête d'immunité et de fructification de leurs affaires'. À quelques mots près, les mêmes réponses sortent du plus grand nombre de bouches. Si pour certains, voter est d'abord un acte citoyen et de surcroît dans la conjoncture actuelle où l'Algérie est, disent-ils, menacée par l'islamisme et 'la main de l'étranger', pour d'autres, et ils sont plus nombreux, ce genre de menaces est une affaire de l'Etat et non pas des députés.
S L


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