Tizi-Ouzou - Matoub Lounes

Matoub Lounès : Le Rebelle, une légende kabyle



Matoub Lounès : Le Rebelle, une légende kabyle

Matoub Lounès (1956-1998) est considéré comme une légende vivante de la culture kabyle et amazighe. Chanteur, poète, musicien (joueur de mandole) et militant intransigeant, il incarne la résistance berbère face à l'oppression, à l'intégrisme islamiste et à l'arabisation forcée en Algérie. Surnommé "Le Rebelle" (titre de son autobiographie publiée en 1995), il a marqué des générations par ses textes engagés, sa voix rocailleuse et son courage sans faille.

Sa vie et son parcours

Né le 24 janvier 1956 dans le village de Taourirt Moussa (Kabylie, Algérie), dans une famille modeste, Lounès grandit dans un environnement rural berbère. Adolescent, il fabrique sa première guitare avec une bidon d'huile et compose ses premiers chants. Sensibilisé tôt à l'identité amazighe (notamment via les missionnaires "Pères blancs" qui enseignaient en kabyle), il s'engage lors du "Printemps berbère" de 1980.

Il débute sa carrière musicale sous le patronage d'Idir et sort son premier album Ay Izem ("Le Lion") en 1978, un succès immédiat. Il enregistre ensuite plus de 30 albums, mêlant musique kabyle traditionnelle, influences chaâbi et rock. Ses chansons traitent de l'identité berbère, la démocratie, la laïcité, les droits humains, l'exil et la critique virulente du pouvoir et de l'islamisme.

Malgré une interdiction sur les médias algériens, il devient immensément populaire grâce aux cassettes et aux concerts.

Son combat

Matoub était un militant acharné :

  • Défenseur de la langue et culture amazighes contre la politique d'arabisation.
  • Opposant farouche à l'intégrisme (il survit à une tentative d'assassinat en 1988 et est kidnappé par le GIA en 1994, libéré grâce à une mobilisation massive).
  • Critique du gouvernement algérien, qu'il accuse de répression.

Ses textes provocateurs (comme des parodies blasphématoires pour certains) le rendent controversé, mais héros pour les Kabyles.

 
 

 

Son assassinat et son héritage

Le 25 juin 1998, il est abattu par des hommes armés masqués sur une route en Kabylie. Sa femme et ses belles-sœurs sont blessées. Le GIA revendique l'attentat, mais de nombreuses voix (dont en Kabylie) accusent le pouvoir algérien d'être impliqué, vu les circonstances troubles et le timing (juste avant l'entrée en vigueur d'une loi renforçant l'arabisation). Sa mort provoque des émeutes massives en Kabylie et un choc national.

Aujourd'hui, plus de 25 ans après, Matoub reste une icône immortelle. Ses chansons sont des hymnes de résistance, et il inspire les mouvements pour la reconnaissance amazighe (tamazight est langue officielle depuis 2016). Des hommages perpétuels lui sont rendus : tombes visitées, festivals, et sa phrase célèbre : "Mieux vaut vivre un jour comme un lion que 100 ans comme un mouton."

Matoub Lounès n'était pas seulement un chanteur : il était la voix d'un peuple opprimé, un martyr de la liberté d'expression. Sa légende continue de vivre à travers sa musique et son combat inachevé. ⵣ


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