Tizi-Ouzou - A la une

Manque de liquidités dans les bureaux de poste de Tizi Ouzou



Partout dans les agences postales de toutes les communes de l'ex-daïra de Azazga, soit plus d'une soixantaine au total, une même affiche est placardée ces derniers jours devant les entrées, sur laquelle on pouvait lire "Manque d'argent".La plupart des retraités n'ont pas retiré leur pension, et les travailleurs des différents secteurs sont pris de panique de ne pouvoir retirer leur argent. "J'ai décidé de ne pas acheter de mouton pour ma famille, pour la première fois de mon existence. Je pense que la pandémie a été l'occasion pour moi de me justifier vis-à-vis de mes enfants qui ont heureusement compris que la journée de l'Aïd sera anodine", a tenté de se disculper un vieux père de famille qui n'arrivait pas à récupérer son argent.
Si dans la majorité des postes de Fréha, de Yakouren, de Bouzeguène, d'Ifigha ou de Djemâa Saharidj et d'autres encore on est habitué à ce manque d'argent ou tout au moins à une limitation drastique des retraits au guichet, à l'agence principale de Tizi Bouchène, à l'entrée de Azazga, le fait est assez rare, voire anormal.
Lundi à midi, il n'y a plus un rond dans les guichets de cette agence. Une jeune fille, qui voulait retirer 8000 DA, s'est vu refuser la somme. "Il ne me reste que 4000 DA, si tu veux les prendre", lui explique le préposé au guichet. Des gens qui attendent un éventuel arrivage sont assis sur les bancs en train de somnoler. D'autres tentaient de retirer au moins 10 000 DA au distributeur, en vain.
Un guichetier nous a informés que l'argent était disponible durant la matinée, mais tout a été épuisé. La poste n'a pas été alimentée, sans aucune information supplémentaire. Les retraités de France qui touchaient leur pension de retraite en devises ne sont pas non plus épargnés. À la BADR tout comme à la BDL, il n'y a pas de devises. "Il y a le dinar, mais il n'y a pas d'euro", ne cesse de répéter l'agent de service à la porte d'entrée. "C'est la deuxième fois que je me présente, et on me dit qu'il n'y a pas d'euros."
Selon des recoupements d'information, la situation concerne de nombreuses banques à travers la wilaya, à Draâ El-Mizan, à Larbâa Nath Irathen, à Tizi Ouzou, à Aïn El-Hammam... "Nous n'avons plus d'euros pour le moment. Nous sommes en attente d'éventuels transferts à partir de la banque centrale", nous a indiqué un banquier, sous le couvert de l'anonymat.
Les retraités, de leur côté, s'inquiètent : "Nous n'avons que notre maigre pension pour vivre. Si ça continue comme ça, nous n'aurons plus rien pour vivre. L'unique solution est de s'endetter en attendant de retirer notre argent", dira un vieux retraité. "Depuis trois jours, je me déplace de Bouzeguène à Azazga pour venir retirer ma pension et, à chaque fois, je rentre bredouille", fulmine une vieille retraitée titulaire d'une pension de réversion.
Selon un banquier, il y a une tension sur la devise à la Banque d'Algérie. "Les gens retirent leur argent pour le garder chez eux, et ceux qui versent habituellement hésitent à faire des placements. Lorsque des incertitudes pointent à l'horizon, les gens recherchent toujours un refuge pour mettre leur argent en sécurité, ce qui accentue la tension sur le marché des devises", a-t-il expliqué.

KAMEL NATH OUKACI
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