
Les promotions de l'Ecole nationale supérieure restent insuffisantes, et les quelques enseignants qui viennent de Tizi Ouzou pour enseigner dans la wilaya de Boumerdès préfèrent retourner aussitôt dans leur wilaya d'origine.Les enseignants de langue française sont devenus une denrée rare. À Boumerdès, les élèves du primaire ou du secondaire risquent de "passer" encore une fois une année scolaire sans prof de français. Plus de 58 enseignants de langue française vont partir en retraite. "Nous avons plus de postes budgétaires que de candidats dans la langue française mais aussi en physique", a indiqué Mme Sonia Gaïd, directrice de wilaya de l'éducation. Lors de l'émission "Forum" de Radio de Boumerdès, Mme Gaïd a précisé que son département avait eu toujours recours à la suppléance pour atténuer ce manque. Les promotions de l'Ecole nationale supérieure (ENS) sont insuffisantes, et les quelques enseignants qui viennent de Tizi Ouzou pour enseigner dans la wilaya de Boumerdès préfèrent retourner aussitôt dans leur wilaya d'origine, après avoir pris le poste budgétaire et régularisé leur situation. "La loi nous interdit de les empêcher de partir, c'est leur droit", précise Mme Gaïd. Et avec les nouvelles infrastructures qui seront ouvertes cette année, la situation va se compliquer davantage. Pour y faire face, la Direction de l'éducation a décidé de faire appel l'Anem pour recruter les enseignants de français. "Quand on n'a pas de solutions, on est obligé d'aller vers des mesures palliatives comme l'Anem", affirme l'invitée de la radio. C'est-à-dire des enseignants fraîchement sortis de l'université, sans expérience et sans formation pédagogique. Depuis que la Fonction publique a mis des garde-fous quant au recrutement des interprètes, des traducteurs, des enseignants en langue espagnole ou en anglais, les classes de l'école algérienne se sont vidées de professeurs de français. Si pour les mathématiques et la physique, la Fonction publique a autorisé le recrutement des masters, mais rien encore pour la langue française. Cette situation n'est pas propre à Boumerdès, toutes les wilayas en souffrent. Dans la wilaya de Tamanrasset, les élèves, les collégiens et les lycéens n'ont pas étudié le français depuis quatre ans. À l'origine de cette pénurie d'enseignants, la mauvaise planification de deux secteurs, celui de l'éducation et celui de l'enseignement supérieur, comme le précise un syndicaliste de l'UGTA. L'orientation des nouveaux bacheliers se faisait sans tenir compte des besoins du secteur de l'éducation ni de l'économie nationale. Des universités dépourvues de départements de langue française, et lorsque ceux-ci existent, peu de candidats s'y présentent. À cela s'ajoute l'absence d'une deuxième école spécialisée comme l'ENS de Constantine. "Mais pourquoi encore des hésitations à recruter carrément des étrangers comme dans les années 1970 '", s'interroge un cadre de la Direction de l'éducation. "On continue à importer de la bouffe à coups de milliards de dollars, alors que l'école souffre du manque d'enseignants", ajoute-t-il. Par ailleurs, on a appris qu'une réunion regroupant les 48 directeurs de wilaya de l'éducation et les directeurs centraux de la scolarité et du budget sera tenue à Alger, au mois de juillet prochain, et sera consacrée aux problèmes des recrutements.M. T.NomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Madjid T
Source : www.liberte-algerie.com