
Des voix s'élevaient hier pour dénoncer l'acte «barbare» des citoyens de Tadmaït par presse interposée. Ces mêmes voix effarouchées semblent découvrir ce phénomène et pourtant...Un drame s'est produit à Tadmaït jeudi dernier. Une femme âgée d'une soixantaine d'années est décédée dans l'ambulance qui la transportait à l'hôpital en urgence.La route était à ce moment-là fermée par les habitants de deux quartiers de la ville de Tadmaït, ville située à proximité de la RN12 reliant la wilaya de Tizi-Ouzou à la capitale.Des voix s'élevaient hier pour dénoncer l'acte «barbare» des citoyens de Tadmaït par presse interposés. Les mêmes voix qui semblent découvrir ce phénomène s'effarouchent et crient au crime. Mais en fait, les mêmes voix oublient de mentionner que ce genre de drames n'est pas nouveau. Il y a une année, deux jeunes frères de la commune de Makouda sont morts calcinés dans leur véhicule entré en pleine vitesse dans le brasier allumé sur la chaussée par des villageois de la même commune.Le lendemain, les mêmes voix n'étaient pas là pour appeler les responsables locaux à se pencher sur ce phénomène.Depuis ce jour macabre, une année est passée. Aucune partie n'a répondu aux appels des populations qui souffrent. Ceux qui ferment la routes et ceux qui en subissent les désagréments. Fidèles à notre approche, nous avons toujours, privilégié le terrain aux spéculations et autres accusations de frime contre la population, commis par d'autres populations. Sur le terrain, à Makouda, ce jour-là, nous avons recueilli des témoignages anonymes qui affirmaient que la fermeture des routes est l'unique moyen de se faire entendre. Les responsables locaux n'entendent et ne répondent que par cette méthode que les populations ont adoptée non pas pour faire du mal, mais pour crier leur malheur quotidien.A travers les témoignages recueillis sur le terrain, les acteurs et les victimes convergeaient vers le fait que les actions en question étaient provoquées non pas par les problèmes eux-mêmes mais plutôt par le refus de dialogue et d'écoute qui caractérise les responsables et les élus locaux.L'exemple le plus flagrant est constaté au sujet des CET qui souffrent des oppositions. A Mizrana, Boubhir et Aghribs, les villageois qui s'opposent crient à qui veut les entendre qu'ils ne sont pas des «barbares». La preuve en est que parallèlement à leur refus catégorique, même par ce genre d'actions, de laisser faire ses CET, les populations proposent des terrains d'alternative. Avant de s'opposer, les villageois se réunissent et s'entendent afin de désigner un terrain à proposer aux pouvoirs publics comme assiette foncière alternative.«On ne refuse pas ces CET, nous ne sommes pas des barbares ou des malpropres comme ils veulent le faire croire, mais nous leur demandons juste de l'écoute et du dialogue pour leur proposer d'autres terrains», affirmait, un porte-parole des protestataires de Boubhir qui précisait que sur l'assiette choisie par les responsables, le CET était à proximité des nappes d'eau qui alimentaient leurs villages. A Makouda, lorsque les villageois ont fermé la RN72 reliant le chef-lieu de wilaya au littoral, leurs responsables expliquaient qu'ils ne fermaient pas la route parce qu'ils avaient soif. «Nous ne sommes pas des sauvages. Nous sommes des villageois conscients du bien de la collectivité. Nos ancêtres nous ont appris à résister aux aléas de la vie. Nous n'avons pas attendu ces élus de «pacotille» pour savoir que notre pays est situé dans une zone géographique dont le climat est marqué par des périodes de sécheresse inévitables. Nous fermons la route parce que le peu d'eau est réparti de manière non équitable. Nous fermons la route parce que les élus et les responsables n'entendent que par ce moyen. Nous n'avons que ce moyen violent pour les faire réagir. On dirait qu'ils sont autistes», affirmait un villageois ce jour-là La messe est dite; les villageois ne refusent pas la réalisation des projets. Ils ne ferment pas les routes parce qu'ils ont soif. Aujourd'hui, ces drames qui surviennent sont le fruit de leur échec à gérer la collectivité. Ce ne sont pas les gens de Tadmaït qu'il faut incriminer. Ce sont ceux qui sont derrière les problèmes restés des années sans solution. Les drames en sont les conséquences et ce ne sont là que les premières, du refus de dialogue et du mépris que les élus affichent à leurs citoyens une fois choisis. Ces drames sont le fruit de promesses non tenues.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com