
Bien qu'encore jeune et n'ayant pas connu les épisodes héroïques de la guerre de Libération nationale, Malika Tazekritt a pris l'initiative de faire parler des femmes qui ont vécu ce douloureux épisode. Cette jeune cinéaste a parcouru plusieurs régions du pays interviewant des femmes qui ont participé de près ou de loin au combat libérateur. Les témoignages filmés jusqu'à présent par les réalisateurs algériens sur le combat des femmes pour la libération de l'Algérie ne concernaient pratiquement que les combattantes réelles sur le terrain. Celles qui travaillaient dans l'ombre pour les moudjahiddines n'ont pas été mises en valeur. Pourtant, elles étaient des milliers à 'uvrer pour la protection et la survie de ces moudjahiddine. C'est grâce à elles que le moudjahid épuisé, affamé, traqué, trouvait refuge dans les foyers. Elles cuisinaient, lavaient le linge, soignaient les blessures. Leur participation était silencieuse, humble, désintéressée mais combien engagée pour la victoire de ces moudjahiddine qui donnent le sacrifie de leur vie pour la libération de l'Algérie. La réalisatrice a voulu mettre en évidence la noble action de ces femmes. Caméra en main, elle est entrée dans les foyers questionnant ces dames encore en vie. Dans son documentaire de 52 minutes, elle a fait découvrir le for intérieur de ces femmes qui pour la première fois se confient et osent parler du dur travail accompli dans ces moments très difficiles. « Ce que j'ai fait découvrir, j'aurai pu le réaliser auprès des femmes de toutes les régions d'Algérie puisque la révolution de novembre a concerné tout le territoire national. Mais étant donné que le documentaire ne dure qu'une cinquantaine de minutes, je me suis limitée à la wilaya de Tizi-Ouzou. J'ai pu ainsi tourner mon film en langue amazighe cette année 2012 pour le présenter à la compétition de la 13e édition de ce festival », a déclaré la réalisatrice au cours du débat qui a suivi la projection. Elle a été interrogée sur les séquences puisées de l'époque. « J'ai utilisé en grande majorité des documents filmés que j'ai puisés dans des sites Internet », a-t-elle répondu. Cette jeune réalisatrice précise encore : « J'aurais pu recourir, en France, aux services d'une institution spécialisée dans la collecte des archives, mais cette contribution est payante et les prix demandés dépassaient mes moyens. C'est pourquoi, je me suis rabattue sur les images d'archives que tout le monde peut surfer sur internet. » Elle dit encore que ces images ne sont pas de bonne qualité mais elle ne pouvait faire autrement. Les participants au festival et le public présent à cette projection ont salué unanimement l'excellent travail de cette jeune réalisatrice. En exprimant ce jugement très favorable et positif, le jury ne pourra qu'accorder une note élevée dans l'échelle de notation pour la compétition des films réalisés par la section jeunes talents.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S S
Source : www.horizons-dz.com