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Les vieux réflexes irritent le nouveau wali de Tizi Ouzou



Les présidents d'APC ont soulevé des problèmes qui perdurent depuis dix ans, alors que l'argent octroyé pour certaines opérations en faveur des établissements scolaires n'est pas consommé, constate le nouveau wali de Tizi Ouzou.Les contraintes soulevées par les présidents d'APC qui ont pris part, jeudi, au conseil de wilaya, tenu à la grande salle de la maison de la culture, n'ont pas tardé à faire sortir de ses gonds le nouveau wali de Tizi Ouzou, Djilali Doumi, qui n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour tancer vertement les responsables des différentes directions concernées, particulièrement de l'éducation, des équipements publics et de l'administration locale.
Le wali a d'emblée exprimé son "regret d'en arriver là". "Je n'ai pas à vous mettre en face de choses qui vont nous mettre dans la gêne, mais j'ai les chiffres : il y a beaucoup de reliquats, d'opérations et de programmes qui n'ont pas connu de début de concrétisation", a déclaré M. Doumi, pour qui une classe ou une cantine au niveau d'un petit village doit être une préoccupation qu'il faut régler. "Les choses ne sont pas rapportées à leur dimension. On ne peut pas assurer une rentrée scolaire avec des réflexes pareils", a-t-il prévenu, estimant qu'en l'absence de diagnostic et de démarche clairs, on ne peut assurer une rentrée scolaire normale.
S'adressant notamment aux directeurs concernés, le wali a estimé qu'ils sont évidemment au courant de cette situation. "Tout cela ne date pas d'aujourd'hui. Je n'avais pas tort quand j'ai dit qu'on marche en ordre dispersé", a-t-il affirmé. "Je sais que les P/APC hésitent encore à parler du problème du mobilier", a-t-il poursuivi, soulignant que "le programme de réhabilitation des écoles a été mal distribué ou a été réparti dans un bureau". "En l'absence de constat et de déplacement sur le terrain, on laisse la chose sur le dos des P/APC", a tempêté Djilali Doumi.
Les maires ont quant à eux soulevé de nombreux problèmes liés, entre autres, à la réhabilitation des écoles, aux cantines, au transport scolaire, au chauffage et aux budgets, soit les mêmes qu'il y a 10 ans et même plus et qui n'ont jamais été sérieusement pris en charge. Parmi ces contraintes, le P/APC des Ouadhias, Youcef Akir, cite le manque de chauffeurs pour assurer le transport scolaire. "J'ai 12 minibus et six chauffeurs pour faire fonctionner juste 6 bus. Le reste est dans le parc", a-t-il expliqué. "Qu'on me donne les moyens de recruter des chauffeurs contractuels", a-t-il demandé.
Dans le même sillage, le P/APC d'Assi Youcef, M. Chabala, a exprimé sa "peur" de voir la rentrée scolaire compromise. "Sur le plan entretien des écoles, la chose est faite. Sur le plan transport, l'APC a bénéficié de deux nouveaux bus seulement et, paradoxalement, ils ont été livrés en panne. Donc on les a renvoyés à la Sonacom pour réparation, et depuis rien ! Aucune nouvelle de ces deux bus", a-t-il dénoncé, avant d'évoquer la situation épineuse des cantines scolaires. "Au niveau de l'APC, le fournisseur boucher m'a personnellement présenté son désistement. On a soumissionné le poulet à 300 DA et il est vendu 470 DA.
De même pour les ?ufs qui ont affiché une augmentation. Par exemple, la salade a été soumissionnée à 50 DA et elle est à 80 DA. De même pour les pâtes alimentaires, d'où cette contrainte", a-t-il expliqué. "Ce sont nos fournisseurs eux-mêmes qui nous ont avisés sur cette flambée des prix et qu'ils n'iront pas à terme de leur contrat", a-t-il fait savoir. Même concernant les choses simples comme le trousseau scolaire, le même P/APC a expliqué qu'il n'a reçu la subvention, d'un million de dinars, que mardi dernier, donc il était impossible pour lui de lancer la consultation dans les délais. Il a encore expliqué qu'avec cette somme il est même impossible d'assurer des trousseaux aux 1 600 élèves de sa commune. Même son de cloche chez le représentant de l'APC de Yakourène, Salem Touati, qui s'est demandé pourquoi attendre le moment de la rentrée scolaire pour lancer des travaux de réhabilitation d'écoles.
Pour sa part, le P/APC d'Irdjen, Achour Leslous, s'est demandé comment une commune de 14 000 habitants ne dispose pas d'un lycée. "Nos lycéens se déplacent à Tizi Ouzou-ville, au chef-lieu de Larbâa Nath Irathène et à Tizi Rached pour poursuivre leur cursus scolaire, et cela demande plus de moyens de transport qu'on n'a pas", a-t-il regretté. "Il y avait, plusieurs fois, des arrivages de bus et on en a reçu juste un, ce qui est peu", a-t-il ajouté.
À Mâatkas, le P/APC Lyès Laguel a expliqué que plus de 40 logements de fonction sont occupés par les enseignants à la retraite, ce qui n'est pas normal. "Au village Aït Zaïm, et en l'absence de cantine, c'est une classe scolaire qui est libérée à 11h pour permettre au cuisinier de préparer les repas", a-t-il fait remarqué.

K. Tighilt
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