Tizi-Ouzou - A la une

Les ventes ont chuté de plus de 40%



La baisse des ventes de moutons ne s'explique pas par les seules mesures préventives décidées par les pouvoirs publics, mais aussi et surtout par la baisse du pouvoir d'achat.La crise sanitaire qui a impacté plusieurs secteurs économiques dans la wilaya de Tizi Ouzou n'a visiblement pas épargné celui de l'agriculture, notamment en cette période de fête de l'Aïd Adha, où les éleveurs d'ovins ont toutes les peines du monde à écouler leurs moutons. Une situation causée, certes, par la baisse de la demande en cette période de crise sanitaire, mais aussi par la décision des pouvoirs publics de sévir contre la prolifération des ventes anarchiques de moutons.
En effet, depuis quelques jours, les services de sécurité ne cessent de multiplier les interventions sur le terrain à l'effet de mettre fin à la vente anarchique de moutons improvisée dans les rues et qui peut constituer une source de contamination pour la population. Pour tenter d'éviter la propagation du virus, les autorités ont autorisé l'ouverture de seulement 22 points de vente et 70 points de contrôle vétérinaire à travers la wilaya. Ce qui a lourdement impacté les nombreux éleveurs qui ne trouvent désormais plus d'endroits où vendre leurs moutons.
Toutefois, selon certains éleveurs que nous avions eu à rencontrer, la baisse des ventes de moutons ne s'explique pas par les seules mesures préventives décidées par les pouvoirs publics, mais aussi et surtout par la baisse du pouvoir d'achat et par la prise de conscience des citoyens qui ne veulent pas prendre le risque d'effectuer le sacrifice de l'Aïd. À ce propos, Belaïd Mohamedi, un jeune entrepreneur qui a investi dans le secteur de l'élevage ovin et bovin, a estimé que "la vente de moutons a chuté de plus de 40% par rapport à l'année dernière".
Sur la question de la baisse du pouvoir d'achat, notre interlocuteur a estimé que "les gens n'achètent plus comme avant. Beaucoup de mes clients ont préféré se tourner vers la viande bovine. Ils préfèrent acheter de la viande de b?uf à 20 000 DA que d'investir dans un mouton à 50 000 DA". Pour la question liée à la crise sanitaire, Belaïd Mohamedi a estimé qu'"actuellement on enregistre une prise de conscience des citoyens face à la propagation de la Covid-19.
J'ai des clients qui ne veulent pas prendre le risque d'organiser l'opération du sacrifice de peur d'être contaminés ou de contaminer leur famille". Pour sa part, le directeur des services agricoles, Laïb Makhlouf, a estimé que, certes, les ventes de moutons connaissent une baisse sensible cette année, mais cela ne constitue pas vraiment une perte pour les éleveurs, qui peuvent toujours garder leurs moutons pour les vendre après.
"La chose qui peut impacter l'éleveur est la baisse des prix du mouton qui a chuté de 8000-10 000 DA la tête", a-t-il indiqué. L'autre point évoqué par le DSA est la baisse de la demande par rapport à l'offre. "Nous avons constaté une faible demande par rapport à l'offre, en cette période de crise sanitaire, où les gens ne veulent pas prendre le risque d'effectuer l'habituelle opération de sacrifice qui peut être une source de contamination", a conclu le DSA.

K. Tighilt
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