Cela fait 45 jours que le conflit opposant le propriétaire de l'unité de production de lait et dérivés de Draâ Ben Khedda à Tizi Ouzou dure sans qu'une solution ne vienne se profiler à l'horizon. «C'est statu quo et silence radio !» explique un représentant du collectif des travailleurs en grève depuis le 9 octobre dernier. Les grévistes réclament la reprise par l'Etat de la laiterie. Ils accusent aussi leur patron de «tricherie» et de «fraude».
Selon notre interlocuteur, «bien qu'ils soient unis et solidaires pour défendre leur cause, les travailleurs sont sous haute tension à cause du silence qu'observent jusqu'à présent les pouvoirs publics». Il explique que la situation devient plus compliquée qu'au début du mouvement. «Plusieurs altercations verbales ont eu lieu cette dernière semaine entre les grévistes et des intermédiaires du directeur. Des dérapages ne sont pas à exclure si les autorités n'interviennent pas», dit-il.
Les travailleurs n'ont pas perçu leur salaire du mois d'octobre. «On devait toucher nos paies vers le 24 du mois, mais le patron a temporisé le temps de négocier une reprise du travail le 2 novembre dernier, mettant les travailleurs dans le besoin à l'approche de l'Aïd el Adha. Du chantage, en quelque sorte», dénonce le représentant. Après quoi, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui ont refusé d'être payés plusieurs jours après.
Des notifications de licenciement ont été envoyées dernièrement par ce responsable à 34 autres employés. Selon l'expéditeur, «ces travailleurs auraient abandonné leur poste». Pour notre interlocuteur, «il s'agit d'intimidations et de pressions visant à casser le mouvement et faire peur aux travailleurs afin de les pousser à reprendre le travail. Il n'en n'est pas question».
Notre source est formelle qu'«un soutien en haut lieu existe, et que certaines parties comme des députés et cadres de ministères nous ont rassurés sur la justesse de notre cause, disant que des solutions en notre faveur sont envisageables». Mais, avertit-il, «la patience des travailleurs a atteint ses limites. Ils ont des familles à charge. Alors, il vaut mieux trouver une solution avant l'explosion».
Depuis le début du mouvement de grève, 51 travailleurs ont été licenciés, 19 sont en justice, tandis que 20 autres ont été sommés de quitter les abords de l'usine. Des partis politiques à l'instar du PT et du FFS ont exprimé leur soutien à la cause des employés.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aissa Moussi
Source : www.letempsdz.com