
La violence a encore frappé ce week-end à Bejaia lors de la rencontre de football qui a opposé les Crabes du MOB aux Hamraoua du MCO. Les deux galeries se sont échangés les projectiles et on déplore 17 blessés.La violence dans les stades n'est pas prête à être endiguée. Un dossier sensible, maintes fois abordé par les spécialistes et les médias sans pour autant qu'une solution soit trouvée à ce phénomène qui empoisonne la vie des Algériens les jours de matchs. Combien de fois n'a-t-on pas tiré la sonnette d'alarme, averti sur les dangers de cette violence juvénile qui trouve son exutoire dans les arènes sportives mais sans que cela n'ait un impact sur le terrain 'La mort du joueur camerounais Ebossé à Tizi-Ouzou, les envahissements de terrain, les bagarres dans les gradins, le tabassage des joueurs et la dernière agression en date d'un arbitre par un spectateur en plein match à Tadjnanet illustrent parfaitement la situation du sport roi en Algérie. La violence gangrène le foot algérien et ce n'est pas le maintien des policiers dans les stades qui va changer grand-chose à la donne. Le mal est plus profond pour qu'on le soigne par la présence d'uniformes derrière chaque spectateur. Alors, que serait-il advenu si la police avait maintenu sa décision de déserter les tribunes ' Si on ne peut pas s'attaquer au problème à la racine, il est peut-être temps de réfléchir à des solutions partielles avant que les choses ne dérapent réellement et qu'elles échappent à tout contrôle. L'idée des stadiers est louable, même si on n'a rien inventé. Mais la configuration de cette option, ses tenants et l'absence d'une culture de dialogue la vouent d'ores et déjà à l'échec. La violence se nourrit de la violence et trouve du carburant dans ce football indigent qui est le nôtre. Chaque week-end sportif offre son lot de matchs affligeants, de joueurs diminués physiquement et tactiquement, d'équipes sans âme qui versent dans la violence pour ne pas perdre. Le décor est suffisamment glauque pour qu'on pense à arrêter un championnat insipide qui, de toute façon, ne sert pas l'équipe nationale puisque tous les joueurs sont importés des championnats étrangers. Faire jouer les matchs à huis clos pour le reste de la saison ou alors interdire de stade les mineurs non accompagnés par l'un des parents. Peut-être même penser à un billet d'accès prohibitif pour décourager tous les délinquants locaux ou simplement interdire de déplacement les supporteurs.La tolérance zéro est aussi à envisager en dehors de la littérature habituelle qu'on nous sert à la louche à chaque drame. Les solutions existent pour peu que la volonté des décideurs du foot algérien suive et qu'ils prennent leurs responsabilités une bonne fois pour toutes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Moncef Wafi
Source : www.lequotidien-oran.com