Cette année, les familles préfèrent célébrer les fêtes de mariages dans les domiciles familiaux. En d'autres termes, à la maison comme au bon vieux temps. Les raisons sont autant économiques que de l'ordre de la tradition. C'est une véritable tendance constatée dans les quartiers comme les villages. L'ère des salles des fêtes est-elle révolue' Pour savoir davantage sur les dessous de ce phénomène, nous avons opté pour la communication directe avec les deux parties, familles organisatrices et propriétaires des salles des fêtes. Les premiers évoquent plusieurs raisons à l'origine de leur désenchantement de ces espaces alors que les seconds parlent toujours des conséquences de la pandémie de Covid-19.Ces prix qui font fuir les plus riches
«Il n'y a plus aucun intérêt à célébrer sa fête de mariage ou de circoncision dans une salle des fêtes. Les prix appliqués sont exorbitants. Ca dépasse tout entendement», affirme un jeune marié accosté lors d'une fête organisée au domicile familial à Tigzirt. Les prix appliqués au niveau des salles des fêtes ne sont pas si excessifs de l'avis de certains propriétaires qui évoquent la cherté des services à la clientèle qui déterminent en grande partie le prix global. «Nous ne gagnons pas grand-chose au vu des prix élevés des prestations. Preuve en est que les fêtes coûtent beaucoup plus cher aux familles même si elles sont organisées à la maison», explique un propriétaire d'une salle des fêtes de la ville de Tizi Ouzou. En fait, la hausse des prix des salles des fêtes est, selon ces derniers, proportionnelle à la hausse des prix de tous les produits. «Avant, on pouvait acheter un boeuf à 20 millions de centimes, mais maintenant, le plus petit dépasse 30 millions. Certains achètent des boeufs pour 40 millions ou plus. Donc, quand un heureux marié nous demandet ses services liés à la restauration, il est évident que le prix total soit plus élevé que les années précédentes», explique un autre propriétaire qui dit constater cette tendance à l'organisation des fêtes à la maison, mais qui affirme également que son programme est déjà saturé. «Toutes les journées de week-end du mois d'août sont déjà prises. Il ne reste que quelques journées de la semaine, généralement le mardi et le lundi», ajoute-t-il.
Trop de service tue le service
Pour un meilleur retour d'investissement, les propriétaires des salles des fêtes proposent un personnel de service de restauration à domicile. « Ce n'est plus la peine d'organiser sa fête dans une salle pour éviter le travail de restauration aux invités. Nous proposons un pack composé d'équipes de serveurs, de cuisiniers et des équipes de nettoyage. Des équipes qui assurent ces tâches sur les lieux de la célébration» explique un jeune responsable d'une équipe qui a pris en charge avec brio la restauration dans une fête de mariage à Draâ Ben Khedda. Mais en fait, ce service même s'il est lucratif d'apparence, semble causer quelques soucis aux salles des fêtes qui sont de moins en moins prisées. «Je ne vois pas l'intérêt d'organiser une fête dans une salle si j'ai chez-moi des équipes qui assurent tous les travaux. Mes invités restent tranquilles et moi je profite de cette ambiance familiale et garder les souvenirs de ma fête dans ma maison», affirme, Nassim, jeune marié habitant Déllys.
Certains propriétaires des salles des fêtes continuent encore d'évoquer les pertes subies durant les trois années qui ont suivi l'émergence de la pandémie de Covid-19. Beaucoup n'y croient plus à cette façon d'expliquer la hausse des prix. «Non, je ne les crois pas. Même s'ils ont perdu de l'argent durant cette pandémie, ils doivent savoir que tous les domaines ont été impactés. Doubler les prix commence à tourner à leur désavantage.
La Covid-19, une histoire à raconter aux enfants
Vous voyez bien qu'il y a de plus en plus de gens qui organisent leurs fêtes à la maison», fait remarquer un jeune en pleine préparation de sa fête de mariage. «Pour moi, organiser sa fête dans sa propre maison est la meilleure option pour garder de bons souvenir. Inviter sa famille, ses voisins et ses amis chez soi est une preuve qu'on veut partager la joie avec eux» explique- t-il. Enfin, notons que les prix appliqués dans les salles sont généralement situés entre 300000 et 600000 dinars. Dans certains cas, d'autres services viennent alourdir l'ardoise. Aujourd'hui, les jeunes générations moins attirées par les dépenses préfèrentt revenir aux sources. Beaucoup de familles organisent des petites fêtes juste pour les proches. «La vie est chère. On ne peut pas se permettre le luxe de faire une grande fête et se réveiller le lendemain avec des dettes. Même Idhemballen ont doublé leur tarifs» ironise Saïd qui compte célébrer son mariage à la maison avec sa famille la plus proche.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com