L'Algérie s'est réveillée, hier, pour la troisième journée consécutive, sur un cauchemar qui semble ne pas vouloir se terminer. Les bilans de morts et de blessés, toujours provisoires, en hausse, des incendies plus actifs que jamais, de nouveaux départs de feu, des familles entières traumatisées et des villages abandonnés à la hâte par leurs habitants. Pour des dizaines de milliers de citoyens, l'issue de cette dure épreuve n'est pas claire. En effet, jusqu'à hier, dans l'après-midi, les services de la Protection civile n'ont pas annoncé une maîtrise de la majorité des incendies. Autant dire que les rapports de force entre les flammes et les hommes ne se sont pas inversés. Le feu est encore maître de la situation dans plusieurs endroits. Au troisième jour de la lutte contre les incendies, l'opération d'extinction des feux en est encore à ses débuts. Le nombre effarant d'incendies et de départs de feu, complique la tâche des hommes de la Protection civile et de l'ANP. Appuyés par une armée de volontaires, ils se battent avec énergie, car ils savent que des vies humaines dépendent de leurs efforts. Ils comptent les victoires contre des flammes menaçantes, mais savent que la bataille est féroce et personne n'entrevoit le bout du tunnel. Dans plusieurs wilayas du pays, et plus précisément Tizi Ouzou et Béjaïa, on n'en est pas à l'heure des bilans, mais à celle du combat sans relâche contre les conséquences d'une série d'attaques ciblant l'un des trésors naturels du pays.À côté de ces milliers de volontaires et de combattants, les scènes de désolation, les victimes par dizaines, du jamais-vu en Algérie pour des incendies aussi violents soient-ils, ne peuvent être considérés comme un épisode naturel en rapport avec la canicule. Pour cette raison et pour d'autres aussi, la thèse de la préméditation est évoquée par les hommes de terrain, les experts et les politiques. Elle a d'ores et déjà trouvé une confirmation à travers des arrestations effectuées par les services de sécurité, souvent en flagrant délit. Les vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux, et dont on peut s'assurer de l'authenticité, confirment l'existence d'indices probants quant à une volonté d'embraser le nord du pays. Il reste que même si la conviction des autorités sécuritaires est profonde et le mobile des criminels, quasiment avéré, il est encore assez tôt pour établir des liens directs entre les incendiaires arrêtés et les milieux hostiles à l'Algérie.
Il ne sera pas aisé de mettre un nom sur la tête de l'organisation criminelle, mais l'on peut supposer que les services de renseignement ont déjà leur idée sur l'identité des instigateurs de cette opération de grande envergure. L'actualité sécuritaire de ces derniers mois regorge de faits, en apparence sans rapports les uns avec les autres, mais qui, au final peuvent converger. On se souvient, à ce propos, que l'ANP avait mis la main sur deux caches d'armes et d'importantes sommes en devises étrangères, plus de 800 000 euros, dans des régions montagneuses et difficiles d'accès de deux wilayas différentes. À l'époque, la thèse dominante était qu'une organisation terroriste cherchait à reformer des maquis en Algérie. La vigilance de l'armée et de ses services de renseignement l'en a empêchée. Une défaite qui pourrait avoir obligé les financiers du chaos en Algérie à changer de stratégie en investissant dans les feux de forêt après avoir échoué dans leur tentative de noyauter le Hirak en le poussant à la violence. L'ennemi pourrait être le même. Il poursuit le même objectif, celui de mettre le pays à genoux par tous les moyens. Si les liens entre les individus arrêtés parviennent à être établis, il sera possible de remonter dans l'organigramme, jusqu'à la tête de l'organisation. Le procureur général de la cour Tizi Ouzou qui a refusé de divulguer les détails des investigations engagées par les ser-vices de sécurité, n'en a pas moins souligné le caractère criminel des incendies et suggéré une forte probabilité que l'enquête aboutisse au démantèlement du réseau responsable du drame qui a frappé le pays. Les citoyens qui ont perdu la vie dans cette épreuve et qui se sont retrouvés dépossédés de tous leurs biens, sont les victimes d'un acte criminel. La justice doit leur être rendue.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd BOUCETTA
Source : www.lexpressiondz.com