
Malik BoumatiToute la wilaya de Tizi Ouzou et même les wilayas limitrophes se rappellent du drame tombé sur une famille du village Tadart Ufella, dans la région de Beni Douala, quand un enfant d'à peine trois ans a été assassiné et sauvagement mutilé par une femme de son village à des fins de sorcellerie. Le choc avait dépassé les frontières du village, que cette femme, avec la complicité de sa fille, a fait sortir de l'anonymat il y a environ vingt-cinq ans. Les deux «comparses» ont, bien entendu, été rapidement identifiées et arrêtées et ensuite lourdement condamnées. Cet épisode a choqué toute la population de la région, qui n'avait pas l'habitude de vivre ce genre d'horreurs. Depuis, aucun kidnapping d'enfant n'a été enregistré dans la wilaya de Tizi Ouzou qui, malheureusement, s'est, par ailleurs, «distinguée» par les enlèvements decommerçants et opérateurs économiques afin d'arracher des rançons.Mais si la population de la wilaya de Tizi Ouzou ne connaît pas le phénomène des kidnappings d'enfants, elle souffre cependant des rumeurs, distillées parfois à desseins, qui ont installé de temps à autre une psychose indéniable au sein des familles de la région. En effet, des rumeurs faisant état d'enfants enlevés par des réseaux spécialisés dans un prétendu trafic d'organes ont souvent circulé dans les rues des villes et des villages de la wilaya, accentuant à chaque foisl'angoisse des parents, notamment ceux dont les enfants sont scolarisés dans les établissements scolaires de la région. Selon un cadre de la Sûreté de wilaya de Tizi Ouzou, «le kidnapping d'enfants n'a jamais été un phénomène dans notre wilaya, mais la rumeur sur de prétendus rapts en est un».Ces rumeurs ont tellement amplifié ce prétendu phénomène que la question de kidnappings sort systématiquement à chaque disparition d'individu, notamment de quelques jeunes filles qui s'offrent des escapades avec leurs copains. Les auteurs d'assassinats profitent également de cette «aubaine» pour faire croire à des enlèvements en cachant les corps des personnes qu'ils ont auparavantassassinées. L'on se rappelle de la jeune collégienne de la localité de Chaïb (Mekla), assassinée et sauvagement mutilée par deux jeunes hommes de 20 et 22 ans. Ils avaient choisi de dissimuler son corps pour faire croire à un kidnapping et ainsi fausser la piste aux enquêteurs. La rumeur a même impliqué une clinique privée de la région et deux médecins, pour faire passer l'idée saugrenue que l'adolescente soit victime d'un réseau de trafic d'organes. Heureusement que les services de sécurité ne sont pas tombés dans le piège et ont pu démasquer les auteurs après exploitation de leurs téléphones mobiles.Aujourd'hui, les habitants de la wilaya de Tizi Ouzou souhaitent que les kidnappings n'atteignent pas les enfants. Ils souhaitent également que les rumeurs sur ces prétendus rapts cessent pour que la psychose ne s'empare pas de la population et que ça leur permette de vivre dans la sérénité comme au temps où les enfants faisaient de longs trajets à pied sans qu'ils ne soient inquiétés.M. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com