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Les indices de pauvreté de plus en plus visibles Tizi Ouzou



Les indices de pauvreté de plus en plus visibles Tizi Ouzou
Lakhdar Siad

Quand des franges entières, jusque-là à l'abri, de la société de la population de Kabylie, font appel aux ressorts de solidarité traditionnels millénaires d'actions pour survivre c'est que le niveau de vie de la majorité des habitants touche le fond.
La solidarité là où l'apport et la présence des pouvoirs publics fait défaut. Là où les différents plans quinquennaux de développement entamés depuis des années n'ont pas fait long feu. Et lorsque l'on vient à exprimer par des actions de protestation de rue le ras-le-bol social, on peut comprendre que la situation est devenue intenable, notamment pour les jeunes chômeurs et les responsables de familles qui n'en peuvent plus. Le nombre de ces actions est incalculable à travers les cités abandonnées de la wilaya de Tizi Ouzou et ont atteint des localités et villages où on ne s'attendait pas. Dans les zones les plus déshéritées de la région, le recours à la rue et aux actions dures sont devenus légion en l'absence de développement et d'interlocuteurs fiables. Une centaine de jeunes de la cité Indépendance, commune de Draâ El Mizan (40 km au sud de Tizi Ouzou), avaient procédé récemment à la fermeture du siège de l'APC pour réclamer des logements et l'amélioration de leur cadre de vie.
«Nous demandons des logements. Notre cité (200 familles environ) a été un lieu de recasement de plusieurs familles depuis l'ère coloniale. A ce jour, la situation n'a pas changé d'un iota. Pis encore, la bidonvilisation continue du fait du besoin pressant en logements», déclarait à la presse le président du comité de quartier. Et depuis quelque temps seulement, un programme d'aide à domicile au bénéfice des trois communes de la daïra de Mekla a été initié par la direction de l'action sociale de la wilaya de Tizi Ouzou. Si on ne peut pas indirectement remettre en cause cette idée qui pourrait susciter de l'espoir pour les centaines de nécessiteux de la région, il y a lieu de s'interroger cependant sur les raisons de ce programme, une première à l'échelle du pays après les communes de Tizi Rached et Aït Oumalou, dans la même région, qui peut résumer l'état des lieux de la misère sociale en Kabylie qui a atteint des proportions incroyables, alors que toutes les conditions peuvent être réunies pour encourager l'investissement, créer de la richesse et de l'emploi pour les milliers de jeunes chômeurs. Le programme en question touchera 697 personnes handicapées et 398 personnes du troisième âge, selon la DAS et son partenaire l'association Espoir.
Les communes de Draâ El Mizan et Ait Yahia Moussa seront les prochaines communes bénéficiaires de ce programme. «En effet, en plus de l'aide physique, médicale et même morale, aux malades vivants seuls, elle (opération ndlr) permet aussi de créer des postes de travail pour les jeunes, diplômés ou pas», écrit-on à ce sujet. Des postes d'emploi pour 186 jeunes chômeurs, dont 99 diplômés, pour un salaire de 6 000 DA dans le cadre du dispositif d'activité d'insertion sociale (Dais) ou de 10 000 DA pour le dispositif d'insertion
professionnelle (Dip), avec une promesse de permanisation. Au même moment presque, des bénéficiaires de microentreprises, créées dans le cadre Ansej, Cnac et Angem et organisées en «Forum des promoteurs de jeunes entrepreneurs» de la wilaya de Tizi Ouzou, ont récemment lancé un cri de détresse à l'adresse des autorités locales : «Le constat est amer, des milliers de petites entreprises sont plus que jamais menacées du spectre de la faillite si l'Etat ne prend aucune mesure d'encadrement et d'accompagnement au profit de leurs promoteurs.»
Ils ajoutent que le marché est sous l'emprise d'une bureaucratie et d'une corruption qui étendent leurs tentacules sur tous les secteurs de la vie économique du pays, où les marchés publics sont loin d'être à la portée des microentreprises, un marché de sous-traitance escamoté par des spéculateurs, une absence d'étude sérieuse du marché du travail, une défaillance notable des études techniques et économiques, une absence d'accompagnement, information et orientation, à quoi s'ajoute un harcèlement de la part des banques.» Quand les institutions censées créer de l'emploi sont au bord de l'implosion que peut-on espérer d'un programme social pour atténuer la misère et le chômage ' Sachant qu'en 2006, les sans emploi représentaient 25,6 % de la population en âge de travailler dans la wilaya de Tizi Ouzou, selon un taux officiel de chômage dans la wilaya.
L. S.
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