Photo : M. Hacène
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Malik Boumati
Y a-t-il une politique culturelle en Algérie ' Cette question mérite d'être posée tant les responsables du secteur de la culture semblent naviguer à vue dans la programmation des activités culturelles. Des responsables qui donnent l'impression de programmer les grandes manifestations, ensuite chercher à combler les vides avec des activités de moindre envergure. Cela donne des festivals de toute sorte, des colloques et autres séminaires, après quoi, les organisateurs se mettent à colmater les brèches avec d'autres activités comme des spectacles de chant et de danse, des expositions et autres journées culturelles sans couleurs ni relief.
Quand on lit les rubriques culturelles de la presse nationale, l'on se rend compte que pratiquement toutes les wilayas du pays fonctionnent de la même manière.
Du moins celles qui accueillent des festivals réguliers, comme Sidi Bel Abbès, Oran, Batna, Annaba, Constantine'.
A Tizi Ouzou, c'est le même topo. L'impression que la programmation dégage est qu'il y a un calendrier avec plusieurs festivals qu'abritent la Maison de la culture Mouloud- Mammeri et, depuis peu, le Théâtre régional Kateb-Yacine, entrecoupés par d'autres manifestations culturelles.
La Maison de la culture Mouloud- Mammeri étant encore le point de convergence des activités culturelles dans la wilaya, ses responsables concoctent un programme annuel dès le mois de janvier. Un programme dont l'ossature reste les festivals et autres colloques qui reviennent annuellement, comme le Festival arabo-africain de danse folklorique, le Festival «Lire en fête» ou encore celui du film amazigh. Il y a également le colloque sur Kateb Yacine ou les activités commémoratives de la mort de Mouloud Mammeri. En somme, toutes les activités appelées à connaître de nouvelles éditions sont programmées dès le début de l'année, avec des dates et des durées précises. Les responsables de la programmation se chargeront ensuite de placer d'autres programmes moins importants pour qu'il n'y ait pas de vide entre les pics événementiels. Et pour cela, ils réussissent toujours à colmater les brèches du fait que les activités ne manquent pas. Il se trouve même qu'ils ont toute la latitude de choisir entre des centaines d'activités proposées, notamment par le mouvement associatif de la wilaya.
Parfois, des activités sont programmées sans que l'on soit sûr qu'elles auront lieu, d'où des changements et des annulations dans le programme intervenant en cours de route. Mais le point noir de cette «politique culturelle» de la wilaya, reste la marginalisation des localités de la wilaya, hors chef-lieu, qui bénéficient des activités «quand les moyens le permettent». C'est ainsi que certains centres urbains de la wilaya n'accueillent des activités culturelles et artistiques que lorsque la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de
Tizi Ouzou abrite une manifestation à grand budget.
C'est là une preuve que les localités, notamment celles éloignées du chef-lieu, ne sont pas intégrées dans cette «politique culturelle» des pouvoirs publics qui s'appuient encore et toujours sur les subventions du ministère de la Culture, le sponsoring privé, notamment des opérateurs économiques, n'étant pas encore ancré dans les esprits.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.latribune-online.com