Après plusieurs mois d'accalmie, le combat de l'Association des expropriés des terrains pour l'implantation du grand futur barrage hydraulique Souk n'Tleta à Tizi Ouzou reviennent à la charge avec un ton plus dur. Elle annonce la fermeture de la RN 12 reliant Tizi-Ouzou à la capitale pour le dimanche prochain 08 avril.
La décision, prise vendredi dernier lors d'une assemblée générale tenue au village Tleta, est dictée par «le flou qui entoure toujours la procédure d'expropriation et les récentes tentatives de l'administration visant à boucler un dossier», explique Mohamed Merabti, président de l'Association des expropriés.
Dans une déclaration rendue publique à l'issue de l'AG, l'association s'est vertement prise contre les pouvoirs publics. «L'Etat veut aller vite en besogne», est-il écrit dans le document, dont une copie nous a été transmise. «Comment veut-on installer l'entreprise sans prendre au préalable les préoccupations de la population qu'on veut déraciner au bon vouloir des services publics qui n'ont rien préparé pour cette délocalisation», se demandent les rédacteurs de la déclaration.
Le langage des expropriés semble des plus clairs. «Il n'est pas question d'installer quoi que se soit avant de régler tous les problèmes liés à l'expropriation», nous a déclaré, M. Merabti. Plusieurs points restent aux yeux de l'association «en suspense». Ils ont trait notamment au problème du relogement, celui des prix, des jeunes âgés plus de 20 ans, ainsi que le viaduc inscrit au titre du projet. S'agissant de l'actualisation des prix des indemnités à verser pour les expropriés, l'association insiste sur la nécessité de reprendre les négociations sérieusement.
C'est pourquoi, dit-elle, «un travail de continuité s'impose». À titre d'exemple, est-il indiqué dans la déclaration, «les résultats et les décisions concernant les établissements humains et les terrains épars à grande valeur agricole, discutés lors de la dernière réunion tenue le 9 novembre 2011, sont restés sans suite». Il faudra rappeler, qu'après un long combat avec les responsables des domaines et interpellation du ministre des Ressources en eau, les expropriés ont réussi à arracher une actualisation des prix jusqu'à 1100 DA le mètre carré, alors que le prix fixé avant était de 150 DA.
Autre point soulevé par les expropriés, celui relatif au relogement. A ce sujet, l'association demande l'affectation des terrains de Tadmaït après la délocalisation du projet du dortoir universitaire tout en accélérant les procédures de relogement. Un terrain de 3,2 hectares a été déjà réquisitionné au profit des familles à exproprier, alors qu'un autre est toujours en suspens suite à un malentendu
avec l'APC de Tadmaït. Par ailleurs, le problème des jeunes âgés de plus de 20 ans demeure d'actualité, insiste le président de l'association. Ce dernier indique qu'«ils ont besoin d'une attention particulière de la part des pouvoirs publics», si on veut vraiment éviter de fâcheuses conséquences.
L'inscription du viaduc est enfin, impérative. Il sera, selon l'association, d'un apport considérable quant au désenclavement de toute une région, notamment Iaâllalen, Aïn Saouïa de plus de 20 000 habitants désemparés. Un préavis d'une semaine est accordé à l'administration pour qu'elle prenne en charge «concrètement» les doléances des expropriés. Dépassé ce délai, ils passeront à l'action.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aissa Moussi
Source : www.letempsdz.com