Tizi-Ouzou - A la une

Les étudiants réclament le départ de l'équipe administrative Grève illimitée au département de sciences politiques de l'université de Tizi Ouzou



Une grève illimitée est déclenchée, depuis le 3 avril dernier, par les étudiants du département des sciences politiques et relations internationales de l'université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou pour protester contre «l'interférence de l'administration dans les relations entre les enseignants et les étudiants».
Cette grève a été décidée lors d'une assemblée générale extraordinaire convoquée pour débattre de révision à la baisse, par le chef du département, de la note de 15/20 attribuée à Mlle Djouher par l'enseignant du module Droit public international. Ce dernier a été convoqué par l'administration pour lui notifier le changement de la note réduite à 9/20, ce qu'il a refusé catégoriquement. Le Comité autonome du département (CDSP), qui a relevé la «défaillance totale sur le plan pédagogique», pointe d'un doigt accusateur M. Hamdani, chef de département,
M. Boukerkeb son adjoint, ainsi que M. Laroussi. Le CDSP, qui explique le comportement de l'administration par les activités syndicalistes de Mlle Djouher, a tenu, dans une déclaration, à «dénoncer vivement un acte d'intimidation ignoble dont a été victime l'étudiante, pour avoir eu la meilleure note du module DPI». Le CDSP se demande de quel droit, l'administration qualifiée «des plus léthargiques», s'interfère dans les prérogatives de l'enseignant '
Un membre du comité témoigne que l'administration n'en est pas à sa première puisqu'elle déjà «agi ainsi l'an dernier avec une autre étudiante, Tassadit, major de sa promotion, dès qu'elle avait intégré le bureau du comité».
L'incompétence de certains enseignants mise à l'index
Les principales revendications décidées lors de cette AG sont «le départ de l'équipe administrative, l'arrêt définitif de toutes les intimidations et les man'uvres émanant de l'administration ou des enseignants visant à discréditer le CDSP». Sur ce dernier point, «l'adjoint du département a osé nous dire que nous sommes des opportunistes et des perturbateurs», dénonce un membre du CDSP.
En outre, les étudiants réclament de reprogrammer l'examen du module «Etudes des civilisations» de la première année LMD, raté par plus de la moitié des étudiants en raison des intempéries. «L'amélioration de l'encadrement pédagogique» figure aussi dans la plate-forme des revendications.
A ce sujet, les membres du CDSP expliquent que le Conseil pédagogique, qui devrait se réunir tous les 21 jours, est en défaillance totale. «L'évaluation de l'enseignement, de la méthode de travail et des résultats obtenus n'est jamais faite. Au début de l'année, la désignation des délégués de groupes ouvrant droit à représenter les étudiants au conseil, est bafouée», dénonce-t-on.
Pour les étudiants, cette fuite en avant n'est qu'une manière de cacher l'incompétence de certains enseignants. Sinon, comment expliquer l'affichage d'une note de 0/20 pour plus de 200 étudiants ' Il y a de quoi se demander si c'est la méthode de l'enseignant qui est défaillante. Cette incompétence, explique-t-on, est visible même dans les sujets d'examens où les erreurs sont énormes.
Pis, sur le même point, les membres du CDSP accusent certains enseignants «d'intimidation et de chantage vis-à-vis des étudiantes pour gonfler leurs notes».
Une étudiante avait honte, l'an dernier, de témoigner contre son enseignant, apprend-on auprès du CDSP. Par ailleurs, le CDSP revendique aussi l'annulation de la fiche d'assiduité, à travers laquelle, dit-il «on veut faire de l'université un lycée où l'étudiant est géré par son enseignant».
Il demande, d'autre part, l'installation du réseau wifi au niveau du département, ainsi que l'accès au mastère sans conditions. Le CDSP pense que l'administration, à travers sa «campagne anti-comité», vise à pousser les étudiants à réclamer d'autres préoccupations telles que la restauration, l'hygiène, la sonorisation', et oublier les vrais revendications d'ordre pédagogique qui vont dans l'intérêt du cursus universitaire de l'étudiant.
Enfin, une réunion est prévue, aujourd'hui, entre le CDSP et le recteur de l'université Mouloud-Mammeri, Nasreddine Hannachi, qui sera mis au courant de tout ce qui se passe au département des sciences politiques. Une rencontre que les étudiants estiment déterminante pour l'avenir de leur département.
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