
-Vous avez tenu un rassemblement, lundi, devant le ministère. Une délégation a été reçue. Quels sont les résultats de l'échange 'Tout d'abord par rapport à cette délégation reçue, je me dois de préciser qu'avant de nous rendre au ministère, un principe a été voté en assemblée générale, c'est celui d'accepter une invitation au dialogue, mais jamais s'inviter au dialogue. Ainsi, lorsque l'invitation nous a été faite, une délégation a été dégagée et a été reçue.Elle a exprimé notre étonnement sur le fait qu'il y a une grève qui dure depuis un mois, sans que les responsables s'en inquiètent. Elle a rappelé que les enseignants ont le droit de soulever leurs doléances par tous les moyens et canaux possibles et qu'ils ont le droit de recourir à la grève.A l'occasion, la délégation a porté à la connaissance de ses interlocuteurs, en l'occurrence le chef de cabinet du ministre et le directeur chargé des relations avec les partenaires sociaux, l'atteinte grave au droit de grève des enseignants-chercheurs de l'UMMTO, portée par certains responsables, notamment le vice-recteur à la pédagogie, le doyen de la faculté de droit et des sciences politiques et plusieurs chefs de département. La délégation a également rappelé que c'est aux responsables de se pencher et d'étudier les solutions et les voies possibles de règlement des problèmes posés.Quant aux résultats de l'échange, tout ce que je peux vous dire c'est que pour l'instant on fait office de balle de ping-pong entre le recteur et le wali d'une part, et la tutelle, d'autre part. A moins que les écrits que les interlocuteurs de notre délégation ont promis produisent des effets positifs. Mais je vous rappelle que l'un de nos slogans est : «Nous ne voulons pas de promesses». Nous aurons à l'apprécier durant la prochaine rencontre avec le wali en présence du recteur.-Le Cnes tizi ouzou est entré en grève illimitée depuis le 11 février dernier. La section porte une série de revendications socioprofessionnelles liées à tous les aspects du métier d'enseignant. Cela va-t-il si mal que ça dans le secteur ' Et pourquoi en est-on arrivé là aujourd'hui 'Toutes les composantes de la communauté souffrent dans l'Université algérienne en général. La violation de la réglementation et l'éviction de son application sont devenues la seule règle en vigueur. Les espaces de débat pourtant prévus par la réglementation ne sont pas mis en place, comme c'est le cas du comité technique prévu dans l'ordonnance 06-03 du 15 juillet 2006 portant statut général de la fonction publique (articles 62, 70, 71, 72 et 73).Une mise en application d'un système sans qu'il y ait une véritable concertation ni une préparation du terrain, notamment un encadrement législatif approprié et toutes les conditions nécessaires. Tout ceci a généré des dysfonctionnements qu'exacerbent l'ignorance et la vocation autoritariste des responsables qui se considèrent au-dessus de la réglementation.Nous assistons ainsi à une remise en cause voire une violation des prérogatives de l'enseignant, une absence totale de considération à son égard, une absence de protection dans le cadre de l'exercice de ses fonctions. Les partenaires sociaux sont écartés et exclus s'ils ne sont pas traqués et réprimés. Les syndicalistes qui ne sont pas dociles sont déclarés ennemis publics et sont stigmatisés. Les nominations se font au gré des lobbies d'intérêts qui se sont construits au fil du temps et travaillent pour le renforcement des centres d'influence qui gangrènent l'Université algérienne.C'est ce qui explique d'ailleurs que ces nominations soient de très longues durées et que le principe de l'alternance ne soit jamais sacré, ni respecté. Les effets et les objectifs de cette organisation se mesurent à l'insignifiance de la partie du budget alloué aux moyens directs à la pédagogie et la recherche, ainsi qu'à la réalité des laboratoires et formations devenus des entreprises quasi-privées. Ajouté à cela l'absence d'une volonté d'identification et de recensement des erreurs, des insuffisances et des difficultés.C'est le cas, par exemple, des erreurs qui pullulent dans le statut particulier de l'enseignant-chercheur et qui font le malheur de la majorité des enseignants-chercheurs en générant le blocage de beaucoup de carrières, sans qu'elles soient relevées, ni traitées. Ces erreurs ont même des effets négatifs sur la qualité de la formation en subordonnant la compétence seulement au diplôme au détriment de l'expérience sur le terrain.Maintenant que nous en parlons, on nous propose une possible et imminente révision de ce statut. Mais nous rejetons le contenu de cette proposition car elle constitue une man?uvre de plus qui vise à enfoncer davantage la cheville ouvrière de l'enseignement supérieur en dressant devant l'avancement de sa carrière d'autres barrières et plein d'autres contraintes.Alors que la caste au pouvoir dans notre secteur saisit cette occasion que nous avons créée pour se hisser encore plus haut et se renforcer dans son positionnement. Ceci, sans parler du salaire de misère de larges franges d'enseignants qui se tapent pourtant tout le travail de la pédagogie. C'est un salaire qui est très en deçà de la qualification d'un enseignant universitaire, d'autant plus que même le droit au logement lui est dénié sous prétexte qu'il est fort bien rémunéré.-Sur votre site et vos pages facebook, vous portez certains griefs au bureau national du CNES. De son côté, le coordinateur national, Abdelmalek Rahmani, affirme soutenir votre démarche mais vous accuse toutefois de «manipulation». Il indique que les problèmes (entre la section de Tizi et le bureau national) sont d'ordre «organique». Que répondez-vous à cela 'Vous conviendrez que tant que je n'ai pas lu cette déclaration, je ne peux rien dire. Quant aux griefs que vous avez relevés dans notre site et notre page facebook, nous les assumons totalement. Toutes les décisions se prennent en assemblée générale et en conseil syndical de la section. Les débats se font dans une transparence absolue, et c'est de là que se dégagent les perspectives. Quant à l'organique, les statuts de notre syndicat sont clairs et en ce qui nous concerne nous les avons respectés en toute rigueur.-Quelles seraient, à votre avis, les démarches à suivre pour régler définitivement les problèmes de l'enseignant algérien 'Vous savez, comme l'a rappelé le ministre, l'enseignant-chercheur est tout aussi responsable que le ministre et le recteur du fonctionnement de l'Université. Alors aux enseignants d'assumer leurs responsabilités. Il faut qu'ils s'impliquent et rompent avec l'indifférence qu'ils affichent. Les enseignants-chercheurs de toutes les universités doivent d'abord s'organiser et agir pour se réapproprier leur structure syndicale qui est le CNES. C'est un cadre et un outil des plus appropriés pour s'opposer aux dérives et proposer des alternatives.Il n'y a pas de recette miracle. Un rapport de force doit être construit. Il s'agit de redresser des années de dysfonctionnements et de dérives. L'entreprise est titanesque et les enseignants doivent être solidaires et s'imposer en tant que corps et en tant que partie prenante. Le mouvement de l'université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou a eu un impact positif dans ce sens, et nous saluons et remercions tous les enseignants et les sections CNES qui nous ont apporté leur soutien. Même des anciens du CNES nous ont témoigné leur soutien et sympathie, cela nous a profondément touchés.sazzoug@elwatan.com
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Azzoug
Source : www.elwatan.com