
Malik BoumatiLes vacances d'hiver que les écolières et les écoliers attendent depuis plusieurs semaines, sont enfin arrivées et les enfants en sont très contents après un trimestre long de trois mois, pas toujours facile à supporter, notamment pour les bambins du cycle primaire. Cette période est consacrée généralement aux jeux et à tout ce qui pourrait faire oublier le stress de l'école, surtout qu'elle intervient après deux ou trois semaines d'examens de fin de trimestre toujours aussi angoissants. Mais durant ces vacances d'hiver, les enfants ont-ils droit à des activités culturelles et artistiques susceptibles d'allier amusement et éducation ' Les parents d'élèves sont-ils en mesure de participer à l'éducation culturelle et artistique de leurs enfants pour pallier un tant soit peu l'abandon par l'école algérienne de cet aspect éducatif 'Ces deux questions, et d'autres qui vont dans la même direction, ne peuvent avoir que des réponses négatives dans notre pays qui a tourné le dos àl'éducation artistique et culturelle des enfants depuis quelques décennies.Et cela s'applique à toutes les wilayas du pays, y compris celle de Tizi Ouzou où la majorité des enfants en vacances ne bénéficient pas du modeste programme d'activités concocté à l'occasion des vacances d'hiver. Comme à chaque fois que des vacances, en hiver ou au printemps, pointent du nez, la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou programme quelques spectacles de magie et de clown ainsi qu'une ou deux pièces de théâtre destinées aux enfants. En plus du fait qu'il est loin de répondre aux attentes des milliers d'écolières et d'écoliers de la wilaya de Tizi Ouzou, ce programme est tout aussi loin de constituer une école d'éducation artistique et culturelle pour les enfants.Il est vrai que la maison de la culture ne peut à elle seule répondre aux énormes besoins des enfants de toute la wilaya, même quand on y ajoute le programme quotidien du Théâtre régional Kateb-Yacine qui propose des pièces théâtrales dont la qualité varie d'un jour à l'autre. Mais cette situation montre encore une fois que les enfants des villages de la wilaya sont les éternels exclus des activités culturelles et artistiques. Indéniablement, cela est dû à l'incapacité du mouvement associatif de répondre à cette demande amplifiée par une école algérienne incapable de revenir vers cet aspect de l'éducation pourtant présent durant les vingt premières années de l'indépendance. Il faut dire à ce propos que les associations culturelles n'ont pas les moyens nécessaires, qu'ils soient financiers ou matériels, de répondre à une demande aussi spécifique et délicate que l'éducation artistique des enfants. Et cela, même quand les animateurs culturels sont armés d'une grande volonté, comme c'est le cas de certains d'entre eux. Sur cette question, c'est l'éternel problème de sponsoring privé qui se pose ainsi que la meilleure manière pour les institutions de l'Etat de distribuer les subventions.En attendant qu'une solution soit trouvée à cet épineux problème, notamment un retour effectif de l'éducation culturelle dans les écoles algériennes et une meilleure répartition des subventions publiques accordées aux associationsculturelles qui sont censées pallier l'absence de l'Etat dans les localités et les villages enclavés, les enfants continuent à s'ennuyer durant leurs vacances scolaires, occupés qu'ils sont à ne rien faire, leurs parents n'ayant ni les moyens de leur offrir des tablettes et autres ordinateurs et smartphones ni le temps de les accompagner vers le chef-lieu de wilaya pour assister aux quelques programmes d'activités proposés.M. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com