De notre correspondant à Tizi Ouzou
Malik Boumati
Les candidats de Tizi Ouzou de l'Alliance «Algérie Verte» constituée du MSP, d'El Islah et d'Ennahda, voteront pour le caractère officiel de la langue amazighe, s'ils sont élus à l'assemblée nationale à l'issue des élections législatives du 10 mai. Cela, même si cela se fera en contradiction avec d'éventuelles consignes des responsables de leurs partis respectifs. C'est ce qu'a déclaré jeudi le candidat tête de liste de cette coalition islamiste, Mohand Amokrane Moukah, lors d'un meeting électoral animé par les leaders des trois partis de l'alliance à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, en réponse semble-t-il, à la non-intégration de cette question dans le programme de la coalition islamiste.«Si nous sommes élus, nous ferons tout notre possible pour convaincre nos dirigeants et nos camarades des autres wilayas de se prononcer pour l'officialisation de Tamazight, mais si nous n'y arriverons pas, nous vous informons devant les chefs ici présents que nous, les élus de Tizi Ouzou, voterons pour quelque soit la position de notre parti» a affirmé le premier de la liste de cette coalition, constituée plutôt de militants du MSP, Ennahda et El Islah n'ayant aucune base dans cette wilaya. Une déclaration faite sous les applaudissements de l'assistance et les youyous des dizaines de femmes présentes dans la salle, mais accueillie par un sourire gêné du patron du MSP, Bouguerra Soltani qu'il a échangé avec Hamlaoui Akkouchi d'El Islah et Mohamed Douibi, le représentant du chef d'Ennahda, Fateh Rebiaï, absent.«Je vous invite à faire du 10 mai un jour de fête pour la démocratie, en votant pour la liste de l'Alliance Algérie verte» dira à son tour le chef du MSP, Bouguerra Soltani, devant une assistance moyenne mais totalement acquise, non sans préciser que sa coalition de partis islamistes veut que «l'Algérie soit verte, et non noire ou rouge comme le voudraient certains». A l'instar de tous les leaders politiques, Tizi Ouzou est le lieu idéal pour rappeler la sacralité de l'unité nationale. «L'Algérie est une ligne rouge» lancera le leader islamiste qui invitera les acteurs politiques à prendre le pouvoir, de Tlemcen à Tébessa et de Tizi Ouzou à Tamanrasset.
Curieusement, l'intervention du patron d'El Islah sonnait comme une réponse à son collègue de l'alliance. Rappelant ses différentes visites à Tizi Ouzou depuis 1973, Hamlaoui Akkouchi affirmera que «la Kabylie ne sera jamais un sous-traitant de qui que ce soit». «Je n'ai jamais cru ce qu'on colportait sur la Kabylie. Ce sont les amazighs qui ont propagé l'islam dans toute l'Afrique» martèlera le leader islamiste, en allusion aux rumeurs qui ont longtemps circulé sur la Kabylie dans les autres régions du pays, dans le but de la singulariser et isoler sa lutte constante pour la démocratie et la liberté. Mohamed Douibi d'Ennahda, établira, pour sa part, un lien direct entre l'alliance de ces trois partis islamistes et le concept d'union nationale et plaidera pour un retour de confiance entre les gouvernants et les gouvernés, notamment parmi ceux qui, dans la société, «expriment des doutes sur le caractère volontaire de leur marginalisation».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.latribune-online.com