Les enseignants contractuels étaient, hier, devant le siège de la direction de l'éducation de la wilaya de Tizi Ouzou pour exprimer leur colère quant au sort que leur réserve la tutelle depuis plusieurs années. Sur place, ces derniers ont observé un rassemblement parallèlement à un mouvement de grève qui a débuté, hier, avec un large suivi de cette catégorie qui souffre encore de sa situation de précarité engendrée par le caractère contractuel de ses emplois.En effet, sur les lieux, les enseignants contractuels ont exprimé, par des banderoles, leurs préoccupations. En pole position de ces soucis, qui éreintent la corporation, figure sans conteste la nécessité de régulariser leurs postes afin de leur permettre de bénéficier des droits inhérents à leur statut d'enseignants. En effet, ces derniers étaient unanimes à exprimer leur colère quant à leur situation qui dure, pour certains, depuis cinq à six années. Beaucoup, parmi les grévistes présents au rassemblement d'hier, s'étonnaient, d'ailleurs, que d'autres catégories professionnelles aient bénéficié de la régularisation alors que les enseignants qui sont, en charge de l'éducation des enfants, sont maintenus dans la précarité.
Hier donc, décidés à «aller au bout de leur action», les enseignants contractuels réclamaient une «intégration sans conditions» à l'instar des autres catégories professionnelles qui ont eu gain de cause après des années d'attente. «J'ai l'impression qu'il nous utilisent juste comme outil de dépannage», affirme une enseignante qui déplorait certaines pratiques inacceptables et dégradantes pour un enseignant. «Trouvez-vous juste et normal d'arrêter un enseignant contractuel avec une expérience de six à sept années pour engager un tout nouveau qui vient d'arriver» s'étonne-t-elle d'ailleurs.
En fait, la liste des plaintes est longue. Cette catégorie en charge de l'avenir des enfants souffre. Une souffrance facile à percevoir dans le dialogue avec les concernés qui expriment un grand chagrin quant à leur sort. «Malmener pendant des années un enseignant, c'est insulter l'avenir» affirme un autre enseignant qui a vécu une expérience douloureuse dans son long parcours d'enseignant contractuel. «J'étais en train d'enseigner lorsqu'un autre enseignant recruté est entré dans la classe pour me signifier qu'''il prenait ma place''. Plus dégradant que ça, tu meurs», ironisa-t-il, en effet. Aussi, la grève et le rassemblement d'hier étaientt, pour les représentants de ces derniers, un appel aux pouvoirs publics afin de «corriger ce tort». Les enseignants promettaient que, cette fois, le «bol est à ras» et la contestation ne va plus s'arrêter jusqu'au dénouement de cette situation qui voit une large catégorie prisonnière de l'incertitude. «Après six années de travail, je me retrouve dans une situation très délicate entre quitter et abandonner ainsi, une longue expérience ou rester dans l'incertitude quant à mon avenir. puis, là, il ne faut pas oublier qu'on est âgé et qu'on doit fonder un foyer mais pas sur du sable mouvant» conclut un enseignant contractuel.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com