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Les consommateurs entre impuissance de l'Etat et avidité des spéculateurs A Tizi Ouzou



Les consommateurs entre impuissance de l'Etat et avidité des spéculateurs                                    A Tizi Ouzou
Photo : Riad
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Malik Boumati

Le mois de Ramadhan en Algérie rime toujours avec consommation excessive et spéculation sur les prix. A la veille de chaque Ramadhan, les prix des produits de large consommation connaissent un envol qu'une explication économique seule ne peut justifier. Le ministre du Commerce a souvent mis en garde les familles algériennes contre les rushs vers les marchés, que l'on voit généralement quelques jours avant le début et durant les premiers jours du mois de Ramadhan. L'explication avancée estime que la forte demande des consommateurs fait grimper les prix des produits prisés durant ce mois de carême, «innocentant» de fait les spéculateurs sans foi ni loi qui profitent justement de cette forte demande pour augmenter scandaleusement les prix et s'enrichir sur le dos des pauvres familles algériennes.C'est le même constat dans la wilaya de Tizi Ouzou où les mêmes scènes se voient au niveau des marchés et des magasins. Les bouchers sont pris d'assaut, tout comme les commerces d'alimentation générale. Des scènes que les spéculateurs n'ont pas manqué d'exploiter à leur profit en intervenant dans le sens d'une forte augmentation des prix des produits prisés durant le mois de Ramadhan et, par ricochet, de leurs gains qui s'avèrent à chaque fois énormes. Une action circonscrite dans le temps puisqu'elle ne dure que quelques jours. Mais c'est une période suffisante pour ces «commerçants occasionnels» de faire fortune, puisque les prix proposés au début du mois de Ramadhan sont prohibitifs, comparativement à ceux affichés quelques jours seulement auparavant.
Aujourd'hui, la baisse des prix est en cours dans les marchés de gros et chez les détaillants, notamment ceux des fruits et légumes. Le poivron, la salade et l'haricot vert sont proposés respectivement à 80, 65 et 110 dinars le kilogramme alors qu'ils coûtaient 110, 85 et 130 dinars durant les premiers jours du mois de Ramadhan. La carotte est le légume le plus prisé par les ménagères et elle ne coûtait qu'entre 25 et 30 dinars le kilogramme, il y a quelques semaines. Son prix est monté à 60 dinars, avant qu'il n'atteigne les 100 dinars à la veille de ce mois de «piété et miséricorde». Elle est proposée à 55 dinars une semaine après. Les fruits n'ont pas connu une augmentation de prix en ce début de Ramadhan, pour la simple raison que les prix des fruits sont déjà très élevés depuis quelques années, y compris ceux des fruits de saison. Quant à la viande, elle est inaccessible pour la majorité des bourses. Si les pouvoirs publics sont décriés pour leur incapacité à réguler le marché et le contrôler dans la perspective de mettre fin aux agissements honteux des spéculateurs et autres intermédiaires mafieux, il s'agit de revoir la présence et l'action des associations supposées défendre les consommateurs. L'action lancée il y a quelques temps par la Fédération algérienne des consommateurs (FAC) qui a appelé au boycott des viandes, du 10 au 16 juillet, n'a pas connu un suivi de la population. Il faut dire que pour la population de Tizi Ouzou, la FAC n'est qu'un sigle de trois lettres, dont les animateurs ont lancé un appel national à partir de leurs bureaux sans faire un travail préalable de sensibilisation. Les gens ont besoin de savoir à qui ils ont à faire et actuellement, ils ne connaissent même pas les associations de défense des consommateurs «activant» dans leur propre wilaya. La population est complètement déstructurée mais ce n'est pas pour cela qu'elle va répondre à tous les appels lancés en sa direction. Les associations de défense des consommateurs ont un rôle primordial à jouer dans cette situation mais, avant tout, elles devraient activer régulièrement auprès de la population qu'elles doivent impliquer dans toutes les actions, y compris les plus anodines. Avant d'appeler des actions d'envergure, les associations doivent s'organiser de façon à ce qu'elles soient crédibles auprès de la population et qu'elles puissent la mobiliser autour de leurs objectifs et actions.
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