Tizi Ouzou a vécu hier un lendemain d'élections des plus ordinaires. Les citoyens ont accueilli les résultats avec un paradoxe: un détachement comme celui affiché lors de la campagne et une profusion de commentaires sur les résultats. La victoire du FLN est une véritable surprise mais ce qui a étonné et soulagé le plus grand nombre est sans conteste la débâcle des islamistes de l'Alliance verte. Ce courant, doit-on le rappeler, n'a recueilli aucun siège dans la wilaya de Tizi Ouzou. De son côté, le résultat du FFS a été accueilli avec une indifférence totale.
La classe politique locale, quant à elle, est en train de considérer sous différents angles les résultats de la wilaya de Tizi Ouzou. Murées dans le silence, les formations politiques attendent de voir plus clair dans leur victoire pour certains et dans leur défaite pour d'autres. Exception faite cependant du candidat heureux, tête de liste FLN à Tizi Ouzou, Saïd Lakhdari, qui a tenu, lui, à exprimer ses félicitations aux populations locales et par là même le FFS qui a raflé 7 sièges à Tizi Ouzou.
M.Lakhdari a profité de l'occasion pour appeler les partis ayant obtenu des sièges à mettre de côté les malentendus car, selon lui, la Kabylie a besoin de développement. Pour lui, sa priorité à l'Assemblée sera de défendre les projets de développement de la wilaya de Tizi-Ouzou. Il citera par exemple le gaz de ville, l'agriculture, le nouveau CHU et la centrale électrique d'Azeffoun.
Par ailleurs, les partis vainqueurs feraient une erreur fatale que d'ignorer le fait indiscutable que la jeunesse n'a pas voté en masse. Vu d'une autre façon, l'avenir appartiendra sans nul doute à la formation politique qui réussira à capter ce gisement inestimable. «Moi, je n'ai pas voté. Mon père par contre s'est levé à 6h du matin pour aller au bureau de vote. Dans mon village, seuls les gens âgés sont allés voter», raconte un jeune de la commune de Boudjima.
Le constat est visible en effet ce jeudi devant les bureaux de vote. Tous ceux que l'on a rencontrés avaient la cinquantaine et plus. «Moi, je ne me sens pas concerné. Les nouveaux élus vont faire la même chose que leurs prédécesseurs. Ne me posez plus de questions. Je n'ai plus envie de parler», s'énerve un jeune que nous avons interrogé à Draâ Ben Khedda. «Moi, je n'ai pas voté, mais je suis heureux que les barbus se soient fait avoir», ironise son ami du même âge. «FLN, FFS, tous des politiciens», affirmait un autre rencontré dans un café à Tizi Ouzou.
Enfin, malgré l'indifférence affichée, il apparaît clairement que le climat laissait apparaître un air de soulagement. L'inquiétude était visible quant à une victoire des islamistes. «Si ces gens avait gagné, j'aurais été d'accord pour les combattre. C'est le seul langage qu'ils comprennent», assurait un autre rencontré à Tigzirt.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com