Les citoyens du village Taâouinine' situé à quelque 10 kilomètres du chef-lieu de la commune d'Ouaguenoun ont procédé hier dans la matinée à la fermeture du siège de la daïra. Sur les lieux, les jeunes rassemblés expliquaient leur colère par le mépris dont ils sont victimes depuis des décennies. Le village est situé aux frontières de la commune d'Ouaguenoun et Aït Aïssa Mimoun.Une situation géographique qui fait de la bourgade, une éternelle oubliée. Pourtant, des maisons situées à quelques centaines de mètres ne manquent de rien.
Aussi, les jeunes de Taâouinine qui ont saisi par écrit maintes fois les différentes assemblées élues de leur commune sont passés à l'action en fermant le siège de la daïra. En fait, leur action est destinée, selon plusieurs témoignages, à rompre le mur du silence en alertant sur la gravité des problèmes.
En premier lieu, les villageois tenaient à dénoncer le mépris que leur affichent les responsables locaux. Mais, au-delà de cette attitude méprisante, ce sont leurs conditions de vie dramatiques que les jeunes ont décidé de changer.
D'abord, parmi les plus importantes revendications, les jeunes demandent la transformation de l'ancienne école primaire, fermée par manque d'élèves, en une salle de soins.
L'isolement se manifeste en effet dans ce village lorsqu'une personne est malade. Un long chemin puis l'attente pour atteindre la polyclinique du chef-lieu où éventuellement les urgences du CHU de Tizi Ouzou. Beaucoup de citoyens sont décédés justement sur la route avant d'y parvenir. Toujours au chapitre des manques, les villageois de Taâouinine réclament vivement des lieux de distraction pour les jeunes.
Dans cette contrée éloignée de tous les centres urbains, il n'existe ni stade, ni salle de jeu, ni maison de jeunes. D'ailleurs, des hommes avertis affirment que ces conditions ont entraîné bon nombre de suicides chez les jeunes. Enfin, il est à signaler que la commune d'Ouaguenoun est potentiellement l'une des communes les plus riches de la wilaya de Tizi Ouzou.
Avec une vaste superficie agricole dotée d'un barrage, la commune se trouve actuellement parmi les plus pauvres et déshéritées. Un destin de clochardisation qui ressemble à ce barrage qui est en état d'envasement avancé et la plus grande partie de ces terres en jachère, abandonnées au béton.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com