
«Les habitants du douar Kouchar, situé à la sortie est de la commune de Cherchell, ont procédé, lundi matin, à la fermeture de la RN11 au moyen de grosses pierres et de pneus enflammés pour protester contre l'interdiction signifiée par la Gendarmerie nationale aux commerçants ambulants de vendre sur la voie publique», nous rapportait hier notre correspondant local. Utile dans ce qu'elle nous renseigne sur ce qui se passe dans le quotidien ordinaire du pays profond, l'information n'est pas pour autant originale. D'abord, parce que des faits du genre, ce n'est pas vraiment ce qui manque dans notre actualité. Il ne se passe pratiquement pas un jour sans que nous parviennent bruits et senteurs d'émeutes.Ensuite parce que le citoyen, qu'il soit dans son bon droit ou non semble définitivement et confortablement installé dans une certaine logique quand il s'agit d'exprimer sa colère. Convaincu qu'il n'y a que l'émeute qui paie, il n'y a aucune raison qu'il nous «surprenne» en formulant ses demandes sociales dans un langage et une démarche apaisés.Pour qu'il en soit ainsi, il aurait fallu que les difficultés soient moins aiguës et moins nombreuses. Il aurait fallu aussi des relais associatifs ou syndicaux plus puissants et plus crédibles. Il aurait fallu surtout comme vis-à-vis, des pouvoirs publics ouverts au dialogue, et animés d'une réelle volonté politique d'améliorer les choses. Le citoyen sait maintenant qu'il ne peut rien obtenir en dehors de ses «capacités de nuisance» et dans ses furies il a allégrement oublié les colères organisées sans chance d'aboutir, au profit de l'efficacité de ses incontrôlables furies.Et puisque c'est ainsi, il n'y a aucune raison de bouder son bonheur. Dans la vie des Algériens, ce ne sont pas les raisons de protester qui manquent mais on peut en inventer, les caprices n'étant pas interdits au point où en sont les choses.Les «capacités de nuisances» étant appréhendées pas en fonction de la justesse des demandes mais en fonction de ce que leur mobilisation peut perturber comme conjoncture politique, on y va de bon c?ur. Il n'y a pas longtemps, alors que la campagne pour les législatives se préparait, un jeune homme de Naciria, sur la route de Tizi Ouzou n'a rien trouvé de mieux que de mobiliser quelques gamins de sa localité pour bloquer la route pendant des heures.Sa «revendication» ' Qu'on retrouve son véhicule personnel qui lui a été volé au petit matin ! On ne sait pas ce qu'on a promis à ce futé jeune homme pour qu'il concède de libérer la route mais on sait que cela n'a été possible qu'après d'âpres? négociations avec la police. De toute façon, s'il n'a rien obtenu, il savait surtout qu'il ne risquait rien, sa nuisance étant plus appréhensible que les désagréments qu'il a dû causer à des milliers d'automobilistes bloqués devant les pierres et le tronc d'arbre dressés sur le bitume.Pour revenir aux «habitants» du douar Kouchar, ils étaient convaincus qu'ils sont dans leur bon droit. «Vendre» sur la voie publique n'est pas une image insolite et les services de sécurité sont rarement intransigeants sur la question, sinon ça se saurait. Au moins, depuis que le Premier ministre et le ministre du Commerce ont promis d'organiser l'activité commerciale. En promettant à tous ceux qui? «veulent vendre» un espace et des conditions de travail régulières.laouarisliman@gmail.com
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.letempsdz.com