Photo : Riad
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Lakhdar Siad
Les mesures prises par le ministère de l'Agriculture en direction des opérateurs de la filière avicole en août dernier n'ont pas encore donné les résultats escomptés et le secteur demeure toujours marqué par des problèmes qui étouffent les acteurs de la filière avec des retombées non souhaitées sur le marché locale de la filière dont le débat est presque exclusivement orienté vers le seul aspect prix à la vente pour les producteurs locaux et les consommateurs (pouvoir d'achat) et les augmentations sur le marché mondial des prix des matières premières comme le maïs et le soja pour les responsables du ministère.
Aussi, la suppression de la TVA pour les éleveurs et des droits de douane pour les importateurs d'aliments pour volailles et l'éligibilité des intervenants de la filière aux dispositifs de crédits bancaires à taux d'intérêt zéro n'ont pas stabilisé le marché de la volaille qui demeure en proie à des épisodes de grand déséquilibre. Il s'est avéré par exemple que l'objectif de la lutte contre le «gaspillage» des matières premières importées par la réduction de l'indice de consommation afin de diminuer le prix de revient du prix du kilogramme de viande blanche n'est pas atteint ou bien s'agit-il encore de la spéculation et de l'informel qui dominent les marchés locaux. A Tizi Ouzou, les mêmes difficultés demeurent source de désorganisation du marché toujours aléatoire. Après la grippe aviaire et les intempéries de février 2011 qui ont eu des conséquences lourdes pour la filière avicole, les tracasseries continuent pour les opérateurs qui travaillent la peur au ventre de crainte des conditions instables de production et de commercialisation des produits avicoles. Les concernés se plaignent toujours des prix «exorbitants» de la matière première, de la marge «insignifiante» du bénéfice, des conditions «floues» de certains endroits d'abattages clandestins etc. En somme, on parle de la crise de la filière, une crise qui devient permanente à force de revivre les mêmes aléas depuis des années.
Pertes est le lieu commun de la profession, selon des opérateurs aigris par le métier d'éleveur et de producteur de volaille.
On évoque aussi, pèle mêle, la cherté du matériel (poulailler) nécessaire pour une meilleure protection des poussins durant la saison chaude, comme l'installation des humidificateurs et panneaux sandwich, la multiplication de petits éleveurs qui inondent le marché quand le prix de la viande blanche monte en flèche et qui cessent d'activer quand celui-ci baisse, la négligence du volet formation par les «arrivistes», une faible couverture des risques en situation de sinistre par les organismes d'Etat , la sélectivité des mesures d'effacement de la dette des agriculteurs quand celles-ci sont prises au plus haut niveau des institutions de l'Etat'.
Et quand il est possible de développer la matière première localement et prendre des initiatives pour cultiver d'autres intrants de l'élevage de la volaille dans le pays, il n'est pas toujours facile de convaincre les opérateurs et les consommateurs que le secteur reste sous le joug exclusif du marché mondial.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L S
Source : www.latribune-online.com