En partenariat avec Comet info, vous venez d'assurer une courte formation pour les cadres associatifs à Akfadou, est-ce là votre première expérience en Kabylie ' Pas du tout ! Mais pour ne rien vous cacher, en Kabylie, on a dispensé très peu de formations. Trois en tout. La première à Tizi-Ouzou, au centre de rééducation de Boukhalfa qui s'est tenue d'ailleurs avec beaucoup de difficultés pour une petite histoire d'autorisation, la deuxième à Béjaïa-ville, et celle-ci qui se tient à Akfadou. Pourquoi Akfadou ' Parce qu'on nous a signalé beaucoup d'insuffisances dans le mode de fonctionnement des associations et une demande de formation s'est fortement exprimée. Aujourd'hui, il y a une évidence que tout le monde admet : l'intérêt, la motivation et la volonté pour le travail associatif existent, mais sur le terrain c'est autre chose, il y a défection. On travaille à démanteler ce genre de paradoxe, du moins à réduire l'écart qui existe entre les ambitions et les actes. Quelles sont les raisons de ce décalage entre la volonté qui est là, palpable, et le peu d'intervention sur le terrain ' Plusieurs causes sont à l'origine de l'immobilisme des associations. Il y a d'abord le choix du personnel dirigeant ; celui-ci ne doit pas se faire au pif. A la trésorerie, à titre d'exemple, il faut placer un comptable, au secrétariat et à la formation interne, un maître d'école ou un journaliste. Tout au moins les membres du bureau doivent être judicieusement choisis. Les objectifs et les projets qu'on se fixe manquent de visibilité et sont souvent mal formulés. Il y a aussi un fréquent manque de cohésion. On a souvent vu les membres d'une même association se déchirer pour des prunes. Quand on veut se battre pour un idéal, il faudrait laisser les frictions de coté. Il y a aussi la conception étroite que se font les gens du rôle des associations. Une association est normalement créée pour aider l'État et non le contraire. C'est une passerelle entre le peuple et ses gouvernants. A ce propos, je cite souvent l'exemple de l'Allemagne qui, au lendemain de la seconde guerre mondiale, s'est relevée grâce à la société civile. Il y a aussi la question relative au manque des moyens financiers'Oui, oui' L'argent, dit-on, est le nerf de la guerre. Mais là où l'on se trompe c'est lorsqu'on croit que c'est l'État qui doit nous financer. Il revient aux associations de chercher par elles-mêmes les sources de leur financement. Il faut en finir avec cet esprit de vouloir vivre de l'assistanat. Votre appréciation de ce stage à Akfadou ' Je tiens d'abord à remercier tous ceux qui nous ont donné leur inestimable concours pour la réussite de cet évènement, notamment, le wali de Béjaïa, l'APC d'Akfadou, la direction de l'Action sociale'Nous jugeons cette formation fructueuse. Pourquoi ' Parce que des projets solides ont été mûris, à l'exemple de l'ouverture d'un musée de la Kabylie. Nous allons accompagner ces projets jusqu'à leur concrétisation, et j'espère que d'ici six mois, on se rencontrera ici, non pas pour des journées d'étude mais pour l'inauguration du musée projeté.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Boualem B.
Source : www.elwatan.com