Tizi-Ouzou - Tourisme Divers

Le village d'Aït Ali



Le village d'Aït Ali


Le village d'Aït Ali est l'un des piliers de la commune de Frikat (daïra de Draâ El Mizan), située dans la wilaya de Tizi Ouzou. C'est une localité qui incarne parfaitement l'esprit de la Kabylie profonde, contreforts montagneux.
Voici ce qui définit ce village :
1. Cadre Géographique
• Localisation : Aït Ali se trouve au sud-ouest de Tizi Ouzou (Frontière avec la wilaya de Bouira) . La commune de Frikat est stratégiquement placée entre le massif du Djurdjura et les plaines menant vers Draa El Mizan , Bouira.
• Paysage : Le village est perché sur des collines qui font la transition entre la plaine de Draâ El Mizan et les contreforts du massif du Djurdjura. A une Altitude environs 800 mètre. À cette altitude, le village bénéficie d'un climat méditerranéen de transition, avec des hivers frais (parfois marqués par de la neige lors de fortes perturbations) et des étés chauds.
Aït Ali bénéficie d'un relief plus vallonné, plus bas et escarpé sur les hauteurs du village, ce qui propice à une agriculture variée, bien que l'olivier reste l'arbre roi en bas du village ou l’altitude et moins de 800 mètres et au niveau du village et les hauteurs c’est le retour à l’implantation du figuier car ici « le figuier n'est pas qu'un simple arbre fruitier ; c'est un patrimoine. »
2. Un Bastion Historique
Le village est particulièrement respecté pour son rôle durant la guerre d'Algérie.
• Résistance : La région de Frikat a été une zone de transit et de refuge cruciale pour les moudjahidines de la Wilaya III. Aït Ali, tous comme les villages voisin Ait Ahniche ,Imezgharen ,Ait Boumaaza pour leurs position et la solidarité de leurs habitants, ont été un centre de soutien actif à la révolution.
• C'est un point historique crucial et douloureux, à la mémoire de la Guerre d'Algérie (1954-1962).
Pendant cette période, l'armée française a transformé ces villages stratégiques en S.A.S (Sections Administratives Spécialisées). Exemple frappant de cette stratégie de "regroupement".
A. La création d'un "Camp de Regroupement"
Pour couper le lien entre les combattants de l'ALN (l'Armée de Libération Nationale) et la population civile, l'armée française a créé des zones interdites dans les montagnes.
• Les habitants des hameaux isolés de Frikat et des environs ont été forcés d'abandonner leurs maisons et leurs terres. A l’exemple des villages Imezgharen et Ait Boumaaza
• Ils ont été "concentrés" à Aït Ali, qui est devenu un camp surveillé.
B. Le rôle de la S.A.S.
• La S.A.S. était dirigée par un officier (souvent appelé "le Capitaine de la SAS"). Son but était double :
• Contrôle militaire : Surveiller les déplacements, instaurer un couvre-feu et ficher la population pour empêcher tout ravitaillement vers les maquis du Djurdjura.
• Action psychologique : L'administration tentait de "gagner les cœurs" en proposant des soins médicaux ou une scolarisation minimale, tout en maintenant une pression constante sur les familles des moudjahidines.
C. Les conséquences pour la population
Cette période a bouleversé la structure du village :
• Surpopulation : Le village a dû accueillir beaucoup plus de gens qu'il ne pouvait en loger, souvent dans des conditions précaires.
• Destruction économique : En étant éloignés de leurs champs et de leurs oliviers (situés en zone interdite), de nombreux paysans ont tout perdu.
• Traumatisme : La surveillance permanente et l'enfermement ont laissé des traces profondes dans la mémoire des anciens du village.

3. Vie Sociale et Défis Actuels
Aujourd'hui, Aït Ali est un village qui tente de conjuguer tradition et modernité :
• Tajmaât : L'organisation sociale traditionnelle reste un socle important pour la gestion des affaires du village et l'entraide entre les familles.
• Développement : Le village a connu d'importantes revendications ces dernières années concernant l'amélioration des infrastructures, notamment le réseau routier (Le bitumage de la route reliant Aït Ali au village voisin Ait Ahniche et ouverture une route vers le village voisin Ait Laaziz Wilaya de Bouira ), l'accès à l'eau potable ,éclairage publique et le raccordement au gaz naturel(les foyers qui ne sont pas encore touché ), essentiel pour affronter les hivers rigoureux de la région.
• Éducation : L'école du village est souvent le cœur battant de la communauté, symbole de l'attachement des parents à la réussite des futures générations.
• Foyer des jeunes : Occupe une place particulière dans le village, car il est souvent le cœur de la vie sociale, culturelle et sportive pour les habitants et il a crié un dynamisme, malgré le manque de moyens, avec des associations de jeunes très actives pour préserver le patrimoine local.

Source : Rachid Imekhef

Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)