Tizi Ouzou est tragiquement à l'arrêt
Alors que cette wilaya a besoin d'un véritable plan Marshall, les élus de la région s'offrent le luxe de ne pas consommer les budgets.
Au bout du compte, tout le monde admet enfin que la machine du développement dans la wilaya de Tizi Ouzou est tragiquement à l'arrêt. Cette dernière semaine, l'Assemblée populaire et le conseil de wilaya ont reconnu que la réalisation des chantiers n'a pas avancé pour certains et non encore lancée pour d'autres. Pourtant, tout le monde reconnaît que Tizi Ouzou a bénéficié d'un programme de développement conséquent qui s'élève à pas moins de 260 milliards de dinars. Disposant d'une pareille enveloppe financière, n'importe quelle wilaya pourrait décoller et connaître un essor très important. Mais hélas, ladite wilaya demeure l'une des plus pauvres. N'est-ce pas le moment d'en tirer les conclusions nécessaires et pointer du doigt les facteurs qui freinent son développement'Les chiffres comme les constats sur le terrain renseignent si besoin, sur la situation lamentable dans laquelle vit une population qui, de surcroît, fait face quotidiennement aux affres de l'insécurité et du banditisme. Au chapitre des chiffres, des records ont été battus par les services et les directions concernés. A l'échéance du dernier exercice budgétaire, la wilaya de Tizi Ouzou n'avait consommé que 2% de son enveloppe. Certains secteurs affichaient l'exploit de 0% de consommation. Un projet de réalisation de 81.000 logements traîne depuis quatre années pour n'en voir qu'une infime partie achevée. Le logement rural, quant à lui, voit quelque 3600 bénéficiaires se désister pour des lourdeurs administratives contraignantes et paralysantes. Sur le terrain, le constat est amer. La population attend désespérément un sursaut salvateur. La spéculation immobilière a engendré des prix de logement inadmissibles. Les quelques logis construits par les coopératives immobilières sont hors de portée des bourses moyennes. Les multiples dispositifs de soutien bancaire n'y changent rien vu les prix trop élevés. Construire individuellement devient, d'un autre côté, quasiment impossible vu les prix prohibitifs des matériaux de construction.
Sur un autre registre, les citoyens vivent un calvaire dans les espaces publics. Certains chefs-lieux ont été lamentablement dégradés par les travaux, comble du paradoxe, d'amélioration urbaine. Les routes sont impraticables à cause des travaux non achevés, des piquages et les aléas de la météorologie. Au sujet des aléas météorologiques, plusieurs communes ont été gravement touchées par des glissements de terrain. L'absence d'une politique d'urbanisation a causé des dommages à Aïn El Hammam, Tigzirt, Azazga et beaucoup d'autres localités. La bureaucratie, elle, demeure hélas un souci majeur pour les citoyens. Les quelques améliorations apportées dans certains services à travers les communes, n'enlèvent rien à la capacité de nuisance de cette hydre cauchemardesque pour les populations. Le service d'état civil de la commune de Tizi Ouzou est fui comme la peste par les citoyens. Pour se faire délivrer un simple extrait de naissance, il faut un parcours du combattant et une attente de plusieurs mois. Comme conséquence de ces difficultés quotidiennes démoralisantes, chaque jour, une mairie ou une route sont fermées par les populations qui n'arrivent plus à se faire entendre. Cette forme de contestation est l'ultime recours des villageois qui ne trouvent plus d'interlocuteurs après des promesses non tenues. Toutefois, si les services concernés ne peuvent guère se dédouaner quant à leur responsabilité dans ce retard, il n'en demeure pas moins, hélas! que les populations sont, elles aussi, impliquées. Plusieurs projets ne sont pas encore été achevés et d'autres non encore lancés à cause justement d'oppositions de citoyens qui refusent de céder une parcelle de leurs terres.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com