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Le théâtre d'expression Amazighe vu par Bouziane Ben Achour Une critique caricaturale



Le théâtre d'expression Amazighe vu par Bouziane Ben Achour Une critique caricaturale
L'ouvrage date du début des années 2000, mais ce qu'il rapporte mérite bien d'être soulevé actuellement, puisque ce même livre sert encore de support d'étude à des jeunes qui découvrent le théâtre.
Dans cet ouvrage, l'un des rares à traiter de l'histoire du théâtre d'expression amazighe, l'écrivain et journaliste Bouziane Ben Achour, tente à sa manière de retracer la chronologie de ce théâtre. C'est là juste une partie d'un recueil intitulé 'le théâtre en mouvement, octobre 88 à ce jour". L'ouvrage date du début des années 2000, mais ce qu'il rapporte mérite bien d'être soulevé actuellement, puisque ce même livre sert encore de support d'étude à des jeunes qui découvrent le théâtre. L'auteur est actuellement membre du conseil artistique du théâtre régional de Tizi Ouzou.
Pour Bouziane Ben Achour, tout a commencé, pour le théâtre amazigh, durant les années 90, avec notamment l'arrivée de Mohamed Fellag qui monte en 1991, dans la langue de Fadhma n'Soumer, 'Sin Nni", adapté des émigrés de Mrozek. Ce théâtre était, selon l'auteur du livre, balbutiant au début des années 80, notamment après 'la révolte identitaire, après l'annulation d'une conférence de l'écrivain algérien en langue française Mouloud Mammeri", a-t-il précisé. Et d'ajouter : 'Ce théâtre est porté par de jeunes troupes du théâtre amateur et par le théâtre institutionnel de Béjaïa..., une suite de moments théâtralisés sur des rythmes de tirades tire-boulettes sur les tares d'un système politique insensible aux attaques", tout en citant 'Muhend u Yahia, Fellag, Khoudi Ahmed et Bouguermouh comme étant les éléments représentatifs de cette tendance à signe culturel affiché sans encombre". Selon Bouziane Ben Achour, 'contrairement à la chanson kabyle, irriguée par les contes et les légendes, le théâtre d'expression amazighe est caractérisé par les thèmes de l'immédiat cueillis en milieu urbain. Sur le plan des contenus véhiculés, ce ne sont pas des inédits mais ils sont tous traversés par une pulsion intraitable d'affirmation de soi et se refusent aux formes transcendentales". 'Les parlers arabe, français et franco-arabe de la rue sont souvent introduits dans les textes d'origine. Une piraterie linguistique qui n'enlève rien à la verve de ce théâtre d'essence populaire. Ce théâtre retrouvera un accueil formidable auprès des populations de grandes et moyennes agglomérations des wilayas constituant la région", a-t-il soutenu. Toujours selon Bouziane Ben Achour, dans le théâtre d'expression amazighe, 'les comédiens s'adressent dans leurs propos au petit peuple et dans leur démarche, ils ne veulent pas s'aliéner les gens communs, parce qu'ils se reconnaissent dans les conditions de vie difficiles de ces gens communs. Leur théâtre, un théâtre de la nudité et de l'impatience juvénile, fait partie intégrante du monde des marginaux du développement qui consument leur vie à grands feux". C'est d'ailleurs, selon ce journaliste et dramaturge, 'à travers les préoccupations sociales de ces gens humbles qui n'ont pas droit à la parole, que s'articule le fait dramatique dans ses transpositions scéniques et ses choix esthétiques". Un théâtre que l'auteur qualifie de démonstratif. 'Ce n'est plus l'accent qui fait le kabyle sur scène, comme dans le théâtre de Kaci Tizi Ouzou, mais son univers social et culturel." Le livre ne date pas de cette année, mais il est édité avec le concours du commissariat général de l'année de l'Algérie en France. Le théâtre amazigh, 'un théâtre de la confrontation. Il leur sert d'exutoire devant la gravité des problèmes qu'ils rencontrent dans leur vie de tous les jours. Il est totalement réfractaire au discours intellectualiste et aux belles théories sans lendemain. Le folklore est mis au placard. C'est un théâtre qui s'inspire du vécu", lit-on encore dans ce livre qui, selon l'auteur, formule tout juste le souhait d'entrouvrir le débat autour du théâtre et une nécessité d'écrire l'histoire de cet art. 'Le théâtre en mouvement, octobre 88 à ce jour" traite également d'autres volets portant sur le théâtre en Algérie.
K T
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