C'est, en fin de compte, une lecture qui n'a surpris personne, au petit matin de vendredi, à l'annonce des résultats, tant c'était du déjà-vu et entendu au point où l'on se serait cru revenus cinq années plus tôt, voire plus loin encore.
Consacrée depuis toujours lanterne rouge sur le plan de la participation, la wilaya de Tizi-Ouzou n'a pas, encore une fois, laissé filer ses «acquis abstentionnistes». Et comme tout le monde pratiquement le pronostiquait, ce n'est pas la participation du FFS qui y a changé grand-chose, au contraire ! En effet, en prenant en compte l'évolution du corps électoral, passé de 579 063 inscrits en 2007 à 648 854 pour les élections de jeudi, les trois points engrangés dans le taux de participation (19,84% contre 16,61%) ne doivent pas réjouir, ni les participationnistes ni l'administration qui se contenteront donc d'un timide 19,84% tout fait pour susciter le bonheur des boycotteurs qui, eux, n'avaient pas trop besoin de se décarcasser pour se faire entendre sur le terrain. La tradition, la colère de la base militante du FFS et la crise du FLN auront balisé le terrain à un score qui fait de Tizi-Ouzou, donc, la lanterne rouge nationale. Une position dont n'en ont cure sans doute les grands gagnants, s'il y en a, de cette élection. Acommencer par le FFS qui a su limiter les dégâts après avoir cru passer tout près du pire, au regard de la tournure prise par la campagne de laquelle s'est spectaculairement détachée une base militante qui n'en finissait pas, et n'en finit toujours pas, de s'interroger encore sur l'opportunité de prendre part à ces élections. La majorité des 128 750 votants (sur 648 854 inscrits) ont finalement eu comme un réflexe salutaire pour un parti qui, en fin de compte, même s'il s'en tire plutôt bien, a été sous la menace de celui que l'on pourrait considérer comme le véritable grand vainqueur de ces élections : le FLN. Happés, même si c'est sur le tard, de plein fouet par les effets de la crise au sommet, beaucoup craignaient pour les protégés de Belkhadem à Tizi-Ouzou, mis sous forte pression par quelques-uns de leurs «frères et sœurs» du parti ayant décidé de faire bande à part. Une rivalité qui avait de quoi susciter l'inquiétude du mouhafedh et tête de liste contre vents et marées. Finalement, en gardant leurs quatre sièges, c'est beaucoup plus qu'ils n'espéraient que les fidèles à Belkhadem ont ramassé à Tizi-Ouzou, au contraire du RND qui, lui, et malgré les grommellements de quelques-uns de ses militants, se contentera du même score que lors des élections d'il y a cinq ans, c'est-à-dire trois sièges. Le quinzième et dernier billet donnant droit de siéger à l'hémicycle Zighout-Youcef est revenu au Parti des travailleurs qui se fraye, ainsi, une petite place grâce au nouveau découpage qui permet à Tizi-Ouzou de bénéficier de 15 sièges à l'APN, même si cela ne semble pas trop intéresser les citoyens n'ayant aucun lien avec les réseaux familiaux ou amicaux des candidats.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Azedine Maktour
Source : www.lesoirdalgerie.com