Photo : Riad
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Lakhdar Siad
Le sud de Tizi Ouzou est l'exemple-type du sous-développement qui frappe la région de Kabylie malgré des plans de sortie de crise annoncés par plusieurs gouvernements en faveur de cette zone dominée par de faibles et obsolètes infrastructures de base. Si toute la région de Kabylie est globalement aux prises avec les effets pervers du sous-développement, la population du sud de Tizi Ouzou a fait savoir, à plusieurs reprises, son rejet de la situation dramatique qu'elle vit depuis des décennies. Des dizaines d'actions de protestation ont été menées ces dernières années par des habitants qui se trouvent sans interlocuteurs fiables pour répondre à leurs doléances. En plus de la faiblesse des commodités, d'une urbanisation délabrée et de l'absence d'investissement, cette partie la plus déshéritée de
Tizi-Ouzou est en proie aux flammes criminelles qui ravagent ses oliveraies et vergers depuis le début des années 2000, seuls ressources de survie de centaines de familles.
Draa El Mizan, Aït Yahia Moussa, Assi Youcef, Amechras, Tizi Ghennif, Boghni et leurs dizaines de villages pauvres et enclavés sont carrément oubliés par les autorités.
Sur place, les comités de village se plaignent de la non mise en 'uvre des actions de développement socioéconomique promises par les pouvoirs publics dans l'urgence alors qu'aucune autre initiative n'est venue rassurer les habitants.
Les projets de proximité de développement rural intégré (Ppdri) accordés aux villages depuis des années ne sont toujours pas dans les délais, enfonçant davantage le sud de Tizi Ouzou dans la misère sociale et le dénuement. Même les aides arrêtées en faveurs des oléiculteurs dont les plantations ont été emportées par les incendies criminels n'arrivent toujours pas, à croire que les mains qui ont mis le feu aux oliveraies ont fait la promesse de ne pas laisser les agriculteurs régénérer leur culture millénaire. La commune de M'kira est souvent citée dans les écrits des médias comme un «modèle» du sous-développement qui n'épargne aucun village, du sud de Tizi Ouzou plus particulièrement. Comptant environ 19 000 habitants, cette commune, située à l'extrême sud de la wilaya, ne sait pas à quoi rime le mot développement et, ce, depuis plusieurs décennies et malgré les projections des autorités qui sont tout le temps reportées à d'autres échéances. Imaginer une quinzaine de villages, au milieu d'un relief presque hostile, tellement dépourvu de tout dont l'être humain a le plus besoin et d'un environnement qui ne ressemble en rien à une zone d'habitation du 21e siècle. Tous les secteurs sont en souffrance : la santé, l'industrie, l'habitat, les travaux publics, la voirie et l'assainissement, l'hydraulique, le gaz et l'électricité, la jeunesse, les loisirs, la culture et l'art'tout est à faire dans les plus brefs délais sous peine de voir s'écrouler les derniers espoirs de la population locale. «On est les vrais oubliés de l'Administration, ici quand un responsable pointe son nez, méfie-toi d'une consigne de
vote !», se désole un membre du comité du village de M'Kira où le taux de chômage atteint presque les 100% dans la quasi-totalité des villages, affirme-t-on sur place. Chiffre qui ne doit pas étonner, vu l'absence de toute activité économique, pourvoyeuse d'emploi, à près d'une centaine de kilomètres à la ronde.
Au sud de Tizi Ouzou, seules les actions extrêmes attirent l'attention des responsables et de l'opinion. Mi-septembre dernier, des centaines d'habitants du village Henia avaient fermé le siège de la daïra de Draa el Mizan pour réclamer le bitumage des routes du village, un réseau d'assainissement selon les normes et, grosso-modo, un meilleur cadre de vie pour la jeunesse, notamment. Durant la même période, les sièges de l'APC, de la daïra et de l'ADE étaient fermés par les habitants de la daïra de Draa El Mizan après une saison d'été plus qu'infernale à tous les plans et, surtout, en matière d'eau potable, de gaz et d'électricité et de loisirs. Des habitants du village de Qalous avaient protesté pour presque les mêmes raisons. L'an dernier, au début de l'hiver, des actions similaires ont été menées par des villageois de Tizi Ghennif en vue de voir leurs habitations alimentées en gaz de ville et les routes bitumées, demandant à négocier avec les plus hautes autorités de wilaya en refusant les services de la daïra et de l'APC.
Le sud de Tizi Ouzou fait-il partie des préoccupations des autorités locales '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L S
Source : www.latribune-online.com