Tizi-Ouzou - A la une

Le silence "gêné" de certains acteurs politiques



Rien ne symbolise sans doute la "gêne" provoquée par l'incarcération de Louisa Hanoune, la patronne du Parti des travailleurs (PT), à la prison civile de Blida où elle croupit depuis jeudi, que ce silence de certains acteurs politiques, si prompts d'ordinaire à réagir pour des faits de moindre importance. Par calculs politiciens, opportunisme ou simplement pour des considérations de divergences idéologiques et programmatiques, rien ne justifie ce silence autour de ce qui apparaît pour beaucoup comme une atteinte à l'exercice politique, voire un abus, même si, il est vrai, faute de communication du parquet, comme l'exige la loi, il est difficile de se hasarder à quelques projections sur les raisons de son incarcération. Mais, c'est parce que la détention provisoire est considérée comme une mesure exceptionnelle, notamment pour des personnalités publiques à la réputation établie, et que les droits à l'exercice politique sont garantis par la Constitution et par la convention internationale sur les droits politiques et sociaux, que la mise aux arrêts de Louisa Hanoune provoque émoi et consternation. "La situation se dégrade dangereusement avec l'arrestation de Mme Hanoune. C'est la première fois qu'un chef de parti est arrêté. Quelles que soient nos opinions et nos origines, il faut absolument que l'ensemble des citoyens algériens dénoncent et condamnent cet abus et manifestent une solidarité citoyenne avec elle. Ce n'est pas à la justice qui a fonctionné au téléphone, de rétablir aujourd'hui les vérités et le droit", a estimé, par exemple, Saïd Sadi en marge de la marche de vendredi à Tizi Ouzou. Hier encore, il a renouvelé sa solidarité avec celle avec laquelle pourtant il ne partage pas grand-chose. D'autres partis, comme le FFS, ont réclamé sa libération immédiate, tandis qu'un comité national a été mis sur pied pour plaider la même cause. Mais pour les partis islamistes ou certains acteurs, l'heure est, semble-t-il, à l'expectative. Quant, aux autres, ils se complaisent jusque-là dans le mutisme. Dès lors, la question est de savoir à quoi renvoie cette "gêne" ' Si le silence est une règle d'or dans bien des situations, il ouvre cependant la voie à diverses interprétations dans le cas de Louisa Hanoune. Comme, par exemple, à accréditer la thèse de l'existence d'éventuels conciliabules entre certains acteurs et l'institution militaire, pour explorer une sortie de crise, comme relayés par certains organes de presse et qui n'ont pas été démentis pour l'heure. Il se pourrait également, pour des raisons culturelles, que certains peinent à afficher des positions susceptibles de heurter l'institution militaire. Mais en tout état de cause et à sa décharge, Louisa Hanoune, par son incarcération, contribue à la décantation qui s'opère dans tous les segments de la société depuis le 22 février dernier.K. K.
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