Tizi-Ouzou - A la une

Le secteur de la santé en souffrance



Plusieurs dizaines d'entre eux ont organisé un sit-in jeudi dernier, durant lequel ils ont dénoncé "les conditions inhumaines" dans lesquelles les malades sont soignés dans les structures sanitaires et plus précisément à l'hôpital du chef-lieu.
Cette situation a été dénoncée à de multiples reprises par les nombreuses commissions ministérielles et de l'APW, mises en place afin de diagnostiquer les maux dont semble pâtir ce segment névralgique. Ainsi, lesdites commissions ont transmis leurs rapports au wali, au DSP et même au ministère de la Santé, mais sans grands résultats. En effet, les différentes structures de santé de la wilaya font toujours preuve d'une prise en charge approximative des malades. Ces derniers sont souvent négligés, ballottés entre les différents services, pour ne pas dire livrés à eux-mêmes.
Cette situation, on la retrouve notamment dans les divers EPSP et EPH de la wilaya. Ces deux structures qui sont, sur le papier du moins, complémentaires et indissociables l'une de l'autre, sont, dans les faits, rongées par une mauvaise gestion et une anarchie indescriptible. Le personnel de ces deux établissements "se tirent dans les pattes", et ce, au détriment des malades. Comment ' Eh bien, si on prend à titre d'exemple l'acheminement des patients vers telle ou telle structure, on constate que les ambulanciers se renvoient "la patate chaude" qui n'est autre que le malade ! Chacun se dérobe pour le transporter et le ramener à sa destination. Bref, chacun impute la responsabilité à l'autre et, dans tous les cas de figure, c'est les patients qui en pâtissent. Cet état de fait a été soulevé par de nombreux malades de la daïra de M'chedallah. Certains d'entre eux disent qu'ils sont souvent "pris en otages" par le personnel des deux structures (EPH et EPSP). Pourtant, chacun des deux établissements a ses propres prérogatives qu'il se doit de respecter. D'autres citoyens de la même localité, notamment ceux résidant dans la commune d'Aghbalou (Takerboust), à l'extrême est de la wilaya, avouent qu'ils préfèrent aller se soigner au niveau de l'EPH de Tazmalt ou même celui d'Akbou, relevant de la wilaya de Béjaïa, plutôt que celui de M'chedallah. La cause ' Tout simplement, une meilleure prise en charge à tous points de vue. Toujours dans le registre de la qualité des services, les EPH de Lakhdaria, Aïn-Bessem et Sour El-Ghozlane, sont également mises au banc des accusés par les citoyens. Ces derniers, du moins ceux que nous avons interrogés, indiquent clairement qu'ils ont été à l'occasion, "parqués comme du bétail". Le même constat a été établi à l'EPH de Sour El-Ghozlane. Certains élus ont noté en pleine séance plénière de l'APW "une défaillance avérée" dans l'accueil et la prise en charge des malades. "Nos concitoyens ressortent de nos hôpitaux plus malades qu'ils y sont entrés !", lancera un élu de Sour El-Ghozlane. Même topo à l'hôpital de Aïn-Bessem où la prestation du service des urgences laisse à désirer. Selon certains patients, rencontrés à l'entrée du même service, l'intervention médicale réservée à certains cas d'urgence n'est pas à la hauteur des attentes. "Je suis diabétique et je souffre de plusieurs autres problèmes de santé. On me fait attendre depuis trente minutes, comme s'il ne s'agissait pas d'une urgence", dira notre interlocuteur. Pour sa part, la directrice de la santé de Bouira et lors d'un récent conseil de wilaya dédié à son secteur, a mis en avant sa priorité, laquelle consiste à offrir aux malades des prestations de qualité. Pour ce faire, elle a annoncé le renforcement des praticiens spécialistes, notamment en gynécologie, réanimation-radiologie sachant que la répartition de ces derniers doit se faire pour répondre à un besoin de santé, a-t-elle précisé. La locutrice a affirmé également que le nombre d'évacuation vers d'autres hôpitaux du pays, notamment le CHU de Tizi Ouzou, a connu "une baisse sensible", et ce, grâce à la mise en service du scanner en H/24 et l'affectation des médecins spécialistes en radiologie, ainsi que l'ouverture des Unités de dépistage scolaire (UDS), à savoir une par commune, surtout en milieu rural.

RAMDANE BOURAHLA
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